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FESTICO 2020 : CLAP DE FIN RÉUSSIE…

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La 8 ème édition du Festico s’est achevée ce 27 juin 2020 dans la joie et la bonne humeur. Tenu en pleine psychose du Covid-19, l’évènement a pourtant, Dieu seul sait par quelle magie, tenu toutes ses promesses. Probablement grâce aux nombreux participants et professionnels qui ont profité, lassés, de la fin du confinement pour répondre présents et dé-stresser un bon coup.

Cette année 2020, le Festival International des Images Comiques (Festico) a été particulièrement riche d’activités diverses et d’émotion. En raison du Covid-19, le Délégué Général du festival, M. ENGO FERDINAND SYLVERE, bloqué à l’étranger, n’a pu être présent à l’évènement. Assia! Il a cependant envoyé un émouvant message qui été chaleureusement accueilli des participants. Autres moments d’émotion: la prestation largement acclamée de l’artiste SUBLIME NGONO qui a enchanté le public, la soirée spéciale dessins animés pour les petits et grands enfants du 24 juin et celle de l’ humour sur scène du 25 juin. 

Le Festico, c’est beaucoup de fun, mais aussi du sérieux, avec des conférences-débats, interventions d’experts et autres business meetings. Plusieurs thématiques ont été abordées parmi lesquelles: Le Cinéma comme pôle de création d’entreprises, la beauté au naturel, l’importance de soutenir les acteurs de l’industrie cinématographique, le marché du scénario, communication digitale et émergence des images comiques.

Mais cette 8ème édition du Festico a surtout été une des premières manifestations publiques depuis le dé-confinement dans le respect des règles barrières. Une occasion de se détendre devant la sélection 2020 pour le plus grand bien de tous. En la matière, il y en a eu pour tous les choix, tous les goûts et tous les horizons: Cameroun, France, Togo, Burkina Faso, court-métrages, films d’animation, web TV, web-série animée, histoire d’amours, de vie quotidienne etc. Découvrez tout le programme de cette 8ème édition du Festico, à présent terminée, dans son catalogue officiel. 

Téléchargez le catalogue ici : Catalogue Festico 2020

Crédits photos: Festico

N.M

RUN : Un court puissant, à la réalisation quasi-parfaite

run-rodrigue-fotso-review-lefilmcamerounais.jpgSi vous entendez RUN de Rodrigue Fotso, un seul conseil : courrez vite voir ce qui se fait de mieux actuellement en matière de Cinéma d’action au Cameroun, et constater les améliorations depuis Bad luck , le précédent court-métrage d’Iboga Productions.

Parce que RUN, c’est 40 minutes d’adrénaline pure, de course folle avec Amanda (Passy Ngah), Paola (Aissatou Njayou), et Ingrid (Marilyne Evengue), dans un décor apocalyptique à la Mad Max, version camerounaise, pour échapper aux griffes de Bobby (Dupree Koual) et sa bande de malfrats. Un court puissant, parfaitement maîtrisé et réalisé, à tel point que l’on aurait souhaité que le court se transforme en long-métrage, et pourquoi pas, dans une salle obscure…

De fait, tous les ingrédients pour faire un box-office s’y trouvent. Le climat de tension qui vous prend aux tripes, et sans quoi le suspens ne prendrait pas; un scénario dynamique et excellemment mis en scène; et la petite dose d’humour au moment où on s’y attend le moins. En sommes, les mêmes éléments déjà présents dans Bad Luck, le court-métrage d’Iboga Productions, produit deux ans plus tôt, et également réalisé par Rodrigue Fotso.

Les similitudes entre les deux court-métrages sont nombreuses. Premièrement, le scénario: De jeunes femmes (Manuella, interprétée par Joyce Tankoua, est néanmoins toute seule dans Bad Luck), se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment, et doivent se battre pour leur survie. Deuxièmement, sur le plan technique : Dans Bad Luck déjà, on y retrouvait cette manière particulière de filmer et ces prises de vues atypiques, portées à maturité dans RUN. Clin d’oeil ou pas, il est intéressant de constater que RUN commence par un règlement de compte en voiture, exactement dans le style Bad Luck

 

Incontestablement, RUN se situe dans la continuité de Bad Luck, mais en version améliorée. Les images sont plus nettes, les effets sont plus travaillés et mieux maîtrisés, y compris le maquillage FX, bien que ce dernier puisse encore être perfectionné. Bref, la mise en scène est plus que réussie et la réalisation quasi-parfaite. Le court bénéficie également d’un casting équilibré, où le charisme de Dupree Koual (avec ses airs de Dark Vador lorsqu’il remonte la colline), n’écrase pas celui, un peu surfait de Passy Ngah, et les présences scéniques de Aissatou Njayou et Bilim bi Bakang, l’interprète de l’énigmatique Moktar.

Seuls bémols, si l’on peut l’appeler ainsi, de ce magnifique court-métrage : certains points du scénario. Amanda sacrifie Ingrid, uniquement par fierté de dire (ou mentir) sur ce qu’elle a fait de son téléphone portable? Et que dire de la résurrection d’Ingrid que Bobby avait pourtant balancé du haut de la colline (dont tout le monde revient) comme un sac à patate? Il est aussi à noter les coupes entre séquences sous fond noir, utilisées parfois avec un peu trop de laxisme.

Quoi qu’il en soit, RUN est un court-métrage à voir. Et nul doute qu’à cette allure, le prochain court ou, nous l’espérons, long-métrage de Rodrigue Fotso, nous en bouchera un coin. À la rédaction de LFC, nous sommes plus qu’impatients.

M.N

Le court-métrage dans son intégralité ci-dessous :