CREATING GOOD PRODUCTS IS THE SECRET TO BEiNG ON NETFLIX, FOLLOWING DON OMOPE

Don Omope

The nigerian producer and director DON OMOPE ( The wedding Party and TATU), who is participating to Pavillon Afriques this Year has agreed to talk to Le Film Cameroun about his work. INTERVIEW.

LFC (Le film Camerounais) : Hi Don OMOPE. You are the producer of The Wedding Party. Please can you talk about the challenges and joys of producing in Nigeria? 

D.O (Don OMOPE) : Producing is basically project management of films across the business, the editorial, the physical manufacturing and the marketing of the film product to generate a willing audience… The challenges and joys of producing in Nigeria like producing anywhere else in the world stems from the four above stages. Every project is unique in its experiences, you know what to expect from making many films but you don’t really know how to expect the things you expect to happen. Filmmaking is challenging because you are fighting battles and putting out fires from raising money from investors and trying to agree the right terms, to negotiating with writer and agree a single unified story idea to battling with directors to ensure they make the movie to the agreed budget and then finding a unique way to market the movie in a way that the audience with be excited to want to watch the movie. The joy of making movie comes from finding a way to enjoy the challenges so you can appreciate the process and if the movie gets successful the joy is even greater. 

LFC : As a Nigerian producer, what is your opinion about Cameroonian movies? 

D.O : I am more familiar with the anglophone Cameroon actors in Nollywood and festival film directors like Jean-Pierre Bekolo. 

LFC : You are also a director. You directed Tatu, a film between adventure and horror movie, which is not common in African industry. Why have you chosen to direct that movie especially? 

D.O : Tatu was a film i had worked on the screenplay for about a year knowing i was going to direct it. i wanted to tell the traditional epic nollywood story but in a contemporary way… what i called a contemporary epic. i was inspired loosely by Mel Gibbs fill Apocalypto. 

TATU movie still

LFC : TATU is an eponym movie based on Abraham Nwankwo’s book. What is your conception concerning the relationship between literature and cinema, mainly in Africa? 

D.O : Literature is a big part of our culture in Africa and most of our best writers exist more in literature than in film…. So i wanted to find a way to bridge this disparity but adapting Abraham Nwankwo’s book in collaboration with him to create a new product for cinema. 

LFC : Most of the movies you produced or directed are available on Netflix. What is your secret? 

D.O : It’s about creating good products…. The trick is matching inspired idea selection with classic story telling and aspirational photography. 

LFC : Do you think that Youtube is a welcomed platform for african producer and director to emerge? In your opinion, what are the advantages and the dangers? 

D.O : Youtube is a great additional outlet, i am not sure i want to just be a youtube filmmaker because i am a cinema filmmaker and i want to make big commercial films. But that doesn’t stop me from creating products for youtube as i am creating products for cinema/Netflix… Youtube is a new branch on my tree not a new tree for me. 

LFC : You have already received several awards for the films you have produced or directed from festivals around the world. Is it really important to compete at festivals? What these awards brought to you? 

D.O : Festival are good for developing your storytelling for a global audience which is the aim of any serious storyteller.. I plan to make my movies more festival leaning because i believe in the role of film festivals in the film space. I have enjoyed global exposure because of my films going to festivals. 

LFC : You are participating to Pavillon Afriques this year: what inspires this kind of initiative to you? 

D.O : Afriques Pavillion is a very important initiative to bring all African filmmakers together so we can support and work together… Its an amazing project which i support. 

LFC : A last question please. You participated to the documentary Nollywood – Film Business African Style from Johannes Preus. What advices can you give to Cameroonian producers and directors? 

D.O : I think they have to be more deliberate about the story choices they make and work on improving storytelling technique … These are the two key things that matter as a filmmaker … You can then add great production values.

M.N

“Une industrie du film repose sur des professionnels et un environnement légal qui encourage la production” KARINE BARCLAIS, fondatrice de Pavillon Afriques

Pavillon Afriques est de retour cette année au Festival de Cannes qui se déroulera du 06 juillet au 15 juillet prochain. Karine Barclais, la fondatrice, a accepté d’en dire plus à Le Film Camerounais. INTERVIEW.

LFC : Bonjour Karine Barclais. Vous êtes la fondatrice de Pavillon Afriques. Qu’est-ce que Pavillon Afriques ?

K.B (Karine Barclais) : Pour définir Pavillon Afriques, je reprendrai les mots de nombreux participants à l’édition inaugurale au Festival de Cannes en 2019 : c’est la Maison de l’Afrique à Cannes. Une maison où l’Afrique et sa diaspora accueillent le reste du monde pour faire découvrir la richesse de leur cinéma et de leurs territoires. C’est aussi un lieu où on apprend, où on crée son réseau, où on fait des affaires. Au-delà de Cannes, nous créons toute l’année des événements en présentiel ou en ligne dans le but de créer des opportunités. Par exemple, en octobre 2019, Pavillon Afriques a organisé une délégation pour répondre à une invitation d’un festival à Hollywood.   

LFC : Qu’est-ce qui se passe à Pavillon Afriques ? Comment est-ce organisé ? Quelles sont les activités, etc. ?


K.B : Concrètement, les participants ont accès à des formations, des masterclasses, des tables-rondes sur des sujets en lien direct avec leur activité. Les intervenants sont tous des professionnels reconnus dans leur domaine. Nous privilégions aussi des moments de convivialité parce que c’est le lieu idéal pour créer des relations susceptibles de générer des affaires. Mais cela ne peut se faire que sur la durée, c’est pour cela que nous rappelons l’importance de participer à ce rendez-vous régulier qu’est le Festival de Cannes.

LFC : Je vois que des pays sont aussi présents officiellement. Pourquoi ?

K.B : Une industrie du film digne de ce nom repose sur des professionnels du film et sur un environnement légal qui encourage la production. C’est pour répondre à cet aspect des choses que nous invitons des pays qui comprennent l’importance de la mise en place d’une législation qui va participer à la promotion de leur industrie. Les pays peuvent aussi faire ce que nous appelons des « présentations pays », i.e. montrer leurs atouts pour inciter des producteurs étrangers à venir tourner sur leur sol. Parce qu’on sait ce que rapportent les tournages sur un territoire en termes de PIB et de valorisation globale. Cette année, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et Mayotte mettront en avant leurs pays comme territoires de tournage.

LFC: Quelles ont été les retombées de Pavillon Afriques au Festival de Cannes après l’édition 2019 ?


Nous avions un programme très chargé pour 2020, avec des invitations à l’international mais il a été chamboulé par la pandémie. Nous en avons profité pour créer une école de cinéma en ligne, Arts & Business Center (www.artsbusinesscenter.com), agrandir notre propre réseau pour en faire bénéficier Pavillon Afriques. Plus concrètement, un des films présentés à des acheteurs pendant la 1ère édition, 2 Weeks in Lagos, sera bientôt sur Netflix. Quelques films ont aussi été achetés par notre entremise. J’ai aussi créé il y a deux mois une société de distribution aux USA, Bonsai Media. C’est un travail de fourmi que nous accomplissons tous les jours pour attirer vers nous les bons profils qui seront parties prenantes de notre vision et de notre mission.

LFC : Pavillon Afriques sera de retour au Festival de Cannes cette année du 6 au 15 juillet. Qu’est-ce qui est prévu, y aura-t-il des nouveautés ?


Nous aurons une édition virtuelle cette année, avec une magnifique cérémonie d’ouverture à l’Unesco. Nous avons conçu un programme qui répond à la demande des professionnels du cinéma avec qui j’échange tout le long de l’année. Ce qui les préoccupe le plus, c’est trouver des fonds pour financer leurs films puis les vendre. Donc nos nouveautés sont des solutions à ces soucis : Un forum sur la co-production qui va s’étaler sur 5 jours (4 jours en français et 1 jour en anglais) pour approfondir le sujet afin de donner les clés d’une co-production réussie aux producteurs et cinéastes. Une session de pitch de projets devant un parterre d’investisseurs et de coproducteurs internationaux. Des projections de films pour des acheteurs professionnels

LFC : Aujourd’hui, il y a de plus en plus de films africains sur les plateformes telles que Netflix. Comment expliquer une telle dynamique et que vous inspire-t-elle ?

K.B : C’est formidable que de nouveaux marchés s’ouvrent pour les films africains ! C’est une opportunité à saisir mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il reste un travail de fond à accomplir pour que les films africains passent sur toutes les chaînes et plateformes et dans toutes les salles quand la qualité est là, et que les tarifs pratiqués soient similaires aux autres.

LFC : Pour la première fois, des films camerounais (The FisherMan’s Diary, Therapy, A Man for the Weekend et Broken), ont récemment été diffusés sur Netflix, justement. Que pensez-vous du Cinéma Camerounais ?


C’est toujours une bonne nouvelle quand des films venus d’Afrique peuvent être appréciés par le plus grand nombre grâce à ces nouvelles plateformes. Cela montre que la qualité technique s’améliore et qu’un marché existe. C’est un beau strike pour le Cameroun qui va certainement ouvrir la porte à d’autres producteurs.

LFC : On constate aussi que des chaînes de télévision telles que A+ Afrique et Youtube participent de plus en plus à l’internationalisation de certaines productions africaines. Nous pensons notamment aux productions nigérianes, sénégalaises, sud-africaines, et ivoiriennes, tandis que d’autres ont plus de mal à réellement exploiter ces canaux. Comment expliquez-vous cela ?


K.B : Il y a des créatifs qui s’occupent de faire leurs films et qui après les laissent en jachère s’ils ne trouvent pas rapidement des débouchés ; et il y a ceux qui sont dans le business du film et qui savent où chercher. Rechercher des financements ou des acheteurs demande rigueur et persévérance. A chacun son métier !  Plus il y a de vrais producteurs qui connaissent leur métier, plus il y a de chances qu’un film ait une vie après le tournage. Il faut aussi être bien entouré pour que votre film ne se retrouve pas dans un placard à cause d’un contrat mal ficelé.

LFC : Avec l’avènement des plateformes en ligne et Youtube, on serait tenté de se demander à quoi bon encore passer par des Festivals ?

Encore faudrait-il avoir accès aux plateformes et pouvoir monétiser son film sur Youtube. C’est vrai qu’il y a des success stories qui ne constituent qu’une part infime des œuvres créées chaque année. Combien de films restent très confidentiels, vus par une poignée d’amis ou de fans ? Les festivals servent à se faire connaître des autres professionnels, de montrer son travail, de créer un réseau qui va permettre de monétiser ses œuvres. C’est un écosystème complet et complexe dont on ne peut pas faire l’économie. 

LFC : Un dernier mot pour la fin ?

K.B : Pavillon Afriques est un outil dont j’invite les professionnels du cinéma à se servir sans modération. Pour cette édition virtuelle, ils auront à disposition un programme très riche, gratuitement. Je les invite à continuer à s’inscrire massivement ici : https://bit.ly/programmePA

N.M