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UN (« Unité Nationale », « Um Nyobé ») : Une auto-définition de notre identité historique

Une analyse très personnelle d’un documentaire qui touche autant l’identité individuelle de tout camerounais, que collective. Parce que chacun de nous vivra ce documentaire de manière personnelle. Et c’est de cette appropriation personnelle que le sens profond de ce projet se matérialisera. Trouver, dans l’histoire, l’affect et le destin de chacun de nous, ce qui favorisera ce sentiment d’identité et d’unité nationale. REVIEW. [ENGLISH VERSION BELOW]

Vous m’excuserez très cher LFCinéphile. Une fois n’est pas coutume. Mais aujourd’hui, en vous faisant la critique de UN (« Unité Nationale », « Um Nyobé ») de Nabe Daone, je vous parlerai de moi, et mon histoire fera certainement écho à celle de certains d’en vous. Parce que UN est un documentaire qui parle de moi, de vous et de chacun d’entre nous.

Plus de dix ans plus tôt, plus précisément au lycée en France. Je lis dans le livre d’histoire : « La décolonisation pacifique en Afrique noire ». Pourtant quelques souvenirs me reviennent en mémoire. A propos de feu mon grand-oncle, adulé par toute la famille, à croire qu’il n’ y avait que moi qui lui trouvais des défauts. N’avait-il pas épousé en énième noce une femme de plus de quarante ans plus jeune que lui ? Pourtant mes grandes tantes me mettent en garde : « Il doit être respecté. Tu sais, il a sauvé toute la famille. Tes grandes tantes, dont certaines ont perdu leur mari dans le maquis. Il a fait de faux papiers à tout le monde pour monter à Douala et Yaoundé. A l’époque, tout le village était sous contrôle. Il y avait le rationnement. Personne ne pouvait quitter les environs sans autorisation. C’était la guerre d’indépendance ». Je pose à nouveau mon regard dans le livre d’histoire : « La décolonisation pacifique en Afrique noire ». Je suis perplexe.

J’essaie de comprendre. Juste pour moi d’abord. Mes souvenirs me jouent-ils des tours ? Je dois restaurer mes certitudes, celle de ma petite enfance au Cameroun. Ces visages qui s’effacent, ces voix qui se perdent. Ces histoires que j’invente ? Je fais des recherches et tombe un jour sur un documentaire : Cameroun, autopsie d’une Indépendance (Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf). Je n’étais pas folle. J’ai envie de le crier à ma professeure d’histoire. Mais à quoi bon ? Quelques années plus tard, je vais côtoyer pendant un certain moment la sphère panafricaniste. Mais je ne m’y sens pas entièrement à ma place. Je ne saurai l’expliquer. A la mort de Marthe Moumié, retrouvée étranglée, j’écris une brève dans le journal de l’école. Avait-elle été publiée ? Qui s’en souciait de toute façon ?

Nous revoilà plus de dix ans plus tard. Je dois faire la critique de UN de Nabe-Daone, le second documentaire sur la guerre d’indépendance du Cameroun que j’ai eu à voir jusque-là. Plus de dix ans se sont écoulés. Beaucoup de choses ont changé entre le documentaire Cameroun, autopsie d’une Indépendance, et UN, dont il est largement inspiré. Mon rapport avec l’histoire du Cameroun et le ressenti face à ce type de projet a aussi évolué, en bien évidemment, parce que je préfère généralement voir le verre à moitié plein que vide. Premier changement majeur, UN a été écrit et réalisé par « un des nôtres ». Il ne s’agit pas ici de faire un nationalisme de mauvais aloi. Revendiquer l’appropriation de notre histoire par nous -même, camerounais et africain en général, c’est revendiquer une auto-définition de son identité.

Lorsque j’ai vu pour la première fois Cameroun : Autopsie d’une indépendance, le sentiment qui m’a dominé a été la colère et l’amertume. La colère contre ce que « La raison d’Etat » de la France a fait subir à mon pays natal, et l’amertume de réaliser que le système scolaire français cachait, me cachais, la véritable histoire de mon pays d’origine. Aujourd’hui, cette colère liée à une histoire occultée s’est transformée en espoir. Le sentiment qu’enfin les Camerounais prennent en main notre histoire collective et que cette identité historique soit enfin la nôtre, définie par nous-même. Parce que si Nabe-Daone et toute son équipe l’a fait, alors d’autres aussi le feront.

Contrairement à Cameroun : Autopsie d’une indépendance, qui reste cantonné à la période ayant précédé et juste après l’indépendance, UN tente d’établir une continuité entre cette période de l’histoire et les troubles que rencontre actuellement le pays, et au premier rang la crise anglophone. Pour cela, Nabe-Daone a fait appel aux analyses du très instructif Professeur Ambroise Kom, la militante engagée et passionnée Bergeline Domou, l’artiste musicien tout aussi engagé Xzafrane et le très perspicace blogueur et activiste Florian Ngimbis. Et c’est ensemble qu’ils dialoguent et s’interrogent indirectement sur la (non) construction d’une véritable identité nationale qui transcenderait les appartenances ethniques et le vivre ensemble. Interroger le passé pour mieux définir le présent ; le précepte est connu, mais commence à peine à se réaliser pour le Cameroun.

Et il y en a à dire, sur ce passé non labouré, même pas défriché. Tellement qu’on ne saurait par où commencer. Et UN a ce mérite d’être un documentaire cohérent, qui reste dans son sujet : celle du rendez-vous historique manqué de la construction d’une identité nationale, dont les effets se font aujourd’hui cruellement sentir dans les zones anglophones du pays. Un documentaire stimulant, revivifiant, à qui j’adresse le principal reproche de ne pas avoir systématiquement traduit le français en anglais, et l’anglais en français, question de cohérence avec le sujet. Pour le reste, il ne s’agira non pas de reproches, mais d’interrogations. Après tout, notre identité nationale, mon identité historique natale se doit aussi d’être questionnée.

Derrière l’écran, tandis que je regarde UN, je me demande comment j’aurais accueilli le documentaire si mon histoire familiale avait été toute autre. Et si cette jolie histoire racontée plus haut n’était que pure affabulation afin de vous amadouer ? Je m’interroge sur le choix de ne présenter qu’Um Nyobé et ses partisans comme figure de l’identité nationale camerounaise. Pourquoi avoir choisi des intervenants tous favorables à l’UPC, alors que le parti au pouvoir, héritier de l’Union Nationale Camerounaise, a officiellement gagné les dernières élections présidentielles ? A l’exception d’un discours d’un parlementaire anglophone en assemblée, aucun historien anglophone, aucun ancien partisan du SDF n’apporte sa vision de l’UPC et de son combat. Aucun historien et politologue issu du Nord du Cameroun ne donne sa vision de l’UPC et des choix de gouvernance durant Ahmadou Ahidjo.

UN de Nabe-Daone est un premier pas dans la vulgarisation d’une auto-définition de notre identité historique, au delà des revues poussiéreuses et des études très élitistes de nos intellectuels souvent expatriés. Mais je souhaite sincèrement que d’autres auto-définitions de cette identité historique soient produites et accessibles au grand public, pendant la crise d’indépendance, avant évidemment, mais aussi entre-temps, de la fin des années 70 à nos jours. C’est dans le dialogue de ces identités temporelles multiples que naitra, selon moi, une qui soit commune, avec ses contradictions et ses blessures, mais que l’on acceptera et aimera d’autant plus.

MN


Quelques réactions et photo suite à la première projection du documentaire ce 1 er août au Cinema Eden à Douala. La seconde aura lieu le 10 août 2019 à 19h à la salle Sita Bella à Yaoundé.


[ENGLISH VERSION]

UN (“National Unity”, “Um Nyobe”): A self-definition of our historical identity

A very personal analysis of a documentary that concerns as much the individual identity of all Cameroonians, as collective. Because each of us will experience this documentary in a personal way. And it is from this personal appropriation that the deep meaning of this project will materialize. Find, in history, the affect and destiny of each of us, which will promote this sense of identity and national unity. REVIEW.

You will excuse me dear LFCinephiles. Once is not custom. But today, by criticizing Nabe Daone’s UN (“National Unity”, “Um Nyobe”), I will tell you about myself, and my story will certainly echo that of some of you. Because UN is a documentary about me, you and each of us.

More than ten years earlier, more precisely in high school in France. I read in the history book: “Peaceful decolonization in sub-saharan Africa”. Yet some memories come back to me. About my late grand-uncle, adulated by the whole family, to believe that there were only me who found him defaults. Had not he married, one more time, a woman over forty years younger than him? Yet my great aunts warn me: “He must be respected. You know, he saved the whole family. Your great aunts, some of whom lost their husbands in the bush. He made false papers to everyone to go to Douala and Yaounde. At the time, the whole village was under control. There was rationing. Nobody could leave the area without authorization. It was the war of independence. I look again in the history book: “Peaceful decolonization in sub-saharan Africa”. I am confused.

I try to understand. Just for me first. Do my memories play tricks on me? I must restore my certainties, that of my childhood in Cameroon. Those faces that disappear, those voices that are lost. Those stories that I imagine? I do some research and one day finds a documentary: Cameroon, autopsy of an Independence (Gaëlle Le Roy and Valérie Osouf). I was not crazy. I want to shout it to my history teacher. And so what? A few years later, I am going to live for a while with the pan-Africanist sphere. But I do not feel entirely in my place. I can not explain it. At the death of Marthe Moumie, found strangled, I write a brief in the newspaper of the School. Had it been published ? Who cared anyway ?

We are back more than ten years later. I have to write the criticism of UN of Nabe Daone, the second documentary on the Cameroonian war of independence that I had to see until then. More than ten years have passed. Many things have changed between the documentary Cameroon : Autopsy of Independence, and UN, from which it is largely inspired. My relationship with the history of Cameroon and the feeling about this type of project has also evolved, of course well, because I generally prefer to see the glass half full than half empty. First major change, UN was written and directed by “one of ours”. This is not about making a bad nationalism. To claim the appropriation of our history by ourselves, Cameroonians and Africans in general, is to claim a self-definition of one’s identity.

When I first saw Cameroon: Autopsy of Independence, the feeling that dominated me was anger and bitterness. The anger against what “The reason of State” of France has made to my native country, and the bitterness to realize that the French school system hid, hid me, the true story of my country of origin. Today, this anger linked to a hidden story has turned into hope. The feeling that finally Cameroonians take over our collective history and that this historical identity is finally ours, defined by ourselves. Because if Nabe Daone and all his team did it, then others too will.

Unlike Cameroon: autopsy of independence, which remains confined to the period before and just after independence, UN tries to establish continuity between this period of history and the troubles that the country is currently facing, and first rank the Anglophone crisis. For this, Nabe Daone used the analyzes of the very instructive Professor Ambroise Kom, the committed and passionate activist Bergeline Domou, the musician artist Xzafrane and the very perspicacious blogger and activist Florian Ngimbis. And together they dialogue and question indirectly about the (non) construction of a true national identity that transcends ethnic belonging and living together. Questioning the past to better define the present; the precept is known, but is only beginning to be realized for Cameroon.

And there is to say about this past unplowed, not even cleared. So much that we do not know where to begin. And UN has the merit of being a coherent documentary, which remains in its subject : that of the historical missed appointment of the construction of national identity, whose effects are now cruelly felt in the English-speaking areas of the country . A stimulating documentary, revivifying, to which I address the main complaint of not having systematically translated French into English, and English into French, question of coherence with the subject. For the rest, it will not be criticisms, but questions. After all, our national identity, my native identity must also be questioned.

Behind the screen, as I watch UN, I wonder how I would have hosted the documentary if my family story had been different. And if this beautiful story told above was pure fabulation to soften you? I wonder about the choice to present only Um Nyobé and his supporters as a figure of the Cameroonian national identity. Why did you choose speakers all in favor of the UPC, while the ruling party, heir to the Cameroonian National Union, officially won the last presidential elections? With the exception of a speech by an Anglophone MP in assembly, no English historian, no former supporter of the SDF brings his vision of the UPC and his fight. No historian and political scientist from northern Cameroon gives his vision of the UPC and governance choices during Ahmadou Ahidjo.

UN of Nabe Daone is a first step in popularizing a self-definition of our historical identity, beyond the dusty reviews and highly elitist studies of our often expatriate intellectuals. But I sincerely hope that other self-definitions of this historical identity will be produced and accessible to the general public, during the crisis of independence, before obviously, but also in the meantime, from the end of the 1970s to the present day. It is in the dialogue of these multiple temporal identities that, in my opinion, there will be one that is common, with its contradictions and its wounds, but that we will accept and love all the more.

M.N


Some reactions and photo following the first screening of the documentary this August 1st at the Cinema Eden in Douala. The second will take place on August 10, 2019 at Sita Bella Hall in Yaoundé.

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INTERVIEW : « Le scénario est la condition sine qua non de tout film » (Nkanya Nkwai)

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Il est l’un des acteurs (Lara’s song, Life Point), scénaristes (A Good Time to divorce) et réalisateurs (A Good Time to divorce) les plus talentueux du Cameroun. Nkanya Nkwai s’exprime en exclusivité pour LFC sur son prochain long-métrage, Saving Mbango et l’importance d’un scénario bien écrit pour la réussite d’un film. INTERVIEW. [ENGLISH VERSION BELOW]

Le Film Camerounais (L.F.C) : Bonjour Nkanya Nkwai. Vous êtes le réalisateur du très attendu SAVING MBANGO. Mais de quoi parle le film?

Nkanya Nkwai (N.K) : Saving Mbango est l’histoire d’un adolescent, John Penda, interprété par Godisz Fungwa, qui lutte pour se libérer de l’emprise que sa famille a sur lui dans l’espoir d’aller à l’école, mais découvre qu’il est amoureux de l’épave du village – Mbango joué par Onyama Laura. Tandis que John va à l’encontre de ce que la population considère comme normal pour se rapprocher de Mbango, il découvre que Mbango est atteinte d’une maladie incurable. John va alors faire d’énormes sacrifices pour sauver celle qu’il aime. Mais il faudra attendre que le film sorte pour découvrir comment l’histoire se termine…

Nous essayons de faire en sorte que le long-métrage dure 90 minutes.

L.F.C : Pourquoi cette thématique et pourquoi l’avez-vous acceptée ?

N.K : Je pense que la thématique [du film] est très importante dans notre contexte camerounais. Les thèmes principaux du film que sont la dépendance et l’intégration (déficience mentale), la stigmatisation et l’ignorance prévalent encore dans nos communautés. Ainsi, lorsque le scénariste et le producteur m’ont proposé la casquette du réalisateur, je n’ai pas hésité une seconde. C’est une histoire que je voulais réaliser. Maintenant je suis nerveux et impatient de voir le produit final.

L.F.C : L’année dernière, vous avez créé “The script Workshop” qui se déroulera cette année du 7 au 17 août. Au moins, avez-vous écrit le scénario de SAVING MBANGO? (Rire).

N.K : (Rire). Je n’ai pas écrit Saving Mbango. C’est Lynno Lovert le scénariste. En raison de notre amitié, il m’a non seulement imprégné de ses idées et sa vision, mais aussi encouragé et mis au défi de le faire librement et sans hésitation. Je suis très fier de voir le fantastique scénariste qu’il est en train de devenir.

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L.F.C : D’ailleurs, parlez-nous de “The Script Workshop”.

N.K : Le Script Workshop est un programme sur mesure destiné à fournir aux scénaristes camerounais les outils et techniques de base de l’écriture de scénario, afin d’améliorer et d’introduire une touche de professionnalisme aux histoires que nous racontons au Cameroun. L’écriture du scénario est cruciale et constitue un important préalable pour un film réussi. Cela ne devrait pas être fait sur de simples a-priori. La subtilité du dialogue ne fait pas un bon script. Un riche vocabulaire non plus. Un bon scénario comporte plusieurs composantes telles que les sept composantes des structures visibles et invisibles de Jeff Lyons, La feuille de temps de Blake Schneider, Le voyage du héros de Joseph Campbell et d’autres légendes du script comme Robert McKee et John Yorke. Ces hommes ont d’innombrables scénarios réussis, mais ils ont surtout écrit des livres instructifs sur les éléments constitutifs d’un bon scénario ou sur ce qui fait le succès d’une histoire. Nous devons simplement cesser de faire des suppositions être disposés à apprendre. C’est le seul moyen de devenir un scénariste significatif, le seul moyen d’élever le niveau de réalisation cinématographique au Cameroun. À deux reprises en l’espace de trois ans, deux jurys différents n’ont pas trouvé de film camerounais et d’acteur camerounais dignes de ces titres. Quelle en est la cause selon vous? Eh bien, qu’on se le dise. LA SEULE RAISON EST UN MAUVAIS SCENARIO. Le scénario est la condition sine qua non de tout film. Si les personnages sont mal développés dans le script, alors il n’y a plus rien à faire.

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L.F.C : Diriez-vous que cette formation a transformé votre façon de travailler?

N.K : Cette formation a assurément transformé la façon dont j’écris les scripts. Je n’ai pas été étudiant dans cet atelier, mais en tant que fondateur et l’un des instructeurs, je lis beaucoup, je fais des recherches sur l’écriture et j’apprends beaucoup de mes collègues pendant l’atelier. Ce n’est jamais trop apprendre que d’apprendre quelque chose de nouveau ou à se faire rappeler quelque chose que vous avez peut-être oublié.

L.F.C : Comment s’est passé le tournage de SAVING MBANGO?

N.K : Le tournage de Saving Mbango a été formidable. Ce fut un moment spécial particulièrement pour moi. Nous étions dans un camp, ce qui permet de mieux connaître certains collègues. Nous avions une équipe formidable et tout le monde était déterminé à faire de son mieux, devant et derrière la caméra. Le camp était dans un village où il y avait plein de mangues, de la bière kadji et une grande rivière chaude. Nous étions entourés de gens intéressants aux profils différents, donc aucun risque de s’ennuyer. Maintenant que j’y pense, je suis un peu triste de constater que derrière la caméra, nous n’avons pas eu le temps de manger des mangues, de nager et de boire de la bière Kadji comme nos collègues de l’autre côté de la caméra.

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L.F.C : Des photos de Laura Onyama, la tête complètement rasée pour le film ont circulé. Ce n’est pas courant de voir cela au cinéma. Dites-nous plus s’il vous plaît.

N.K : Oh ça? Que pourrais-je dire? La tête rasée n’est pas la seule énigme à déchiffrer dans le personnage de Laura. Elle a également faits d’autres choses qui m’ont tenu en alerte tout au long du tournage. Dans l’histoire, le personnage de Laura est traité comme un rebus de la communauté. Je souhaitais donc un look particulier pour maximiser l’impact visuel. Je pense que je suis reconnaissant à Laura de nous avoir autorisé à faire ce que nous souhaitions sur son corps pour faire ressortir le point de vue que nous désirions. Cette appréciation vaut aussi pour Chinonso Sunshine et Kim Barbie pour leur brillante mise en scène et réalisation des maquillages pour effets spéciaux.

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L.F.C : Quelles sont les prochaines étapes?

N.K : Les travaux sont bien avancés en post-production. Le producteur nous dira quand voir le film une fois que nous aurons terminé le montage.

M.N


[ ENGLISH VERSION]

INTERVIEW : « THE SCRIPT IS THE EX FACTOR OF EVERY MOVIE » (NKANYA NKWAI)

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© Del Mezzo Pictures

He is one of the most talented actors (Lara’s song, Life Point), script writers (A Good Time to divorce), and directors (A Good Time to divorce) of Cameroon. Exclusively for LFC, Nkanya Nkwai Nkanya Nkwai speaks about her next movie, Saving Mbango and why a well written script is so important for a good movie. INTERVIEW. [VERSION FRANÇAISE PLUS HAUT]

Le Film Camerounais (L.F.C): Hello Nkanya Nkwai. You are the director of the highly anticipated SAVING MBANGO. But what is the film about?

Nkanya Nkwai (N.K) : Saving Mbango is a story about an adolescent boy John Penda played by Godisz Fungwa who struggles to liberate himself from his family’s entitlement towards him in a bid to go to school but discovers that he is in love with a village flotsam – Mbango played by Onyama Laura. As John defiles the villagers normalcy to get closer to Mbango he discovers Mbango has a terminal illness, John braves on making enormous sacrifices in hope to rescue the one he loves. We will have to wait till the movie comes out to see how that ends.

Duration: We are trying to make it 90 minutes.

L.F.C : Why this topic and why did you accept it?

N.K : I think the message is very important in our Cameroonian context. The movie tendencies like dependency and entitlement (poverty mentality), stigmatization and ignorance which are prevalent in our communities. So When the writer and the producer proposed the Directing job, I didn’t have a second thought. It’s a story I wanted to bring to live, now I’m nervous and eager to see the final product.

L.F.C : Last year you created the “The script Workshop” which will take place this year from August 7th to 17th. Well, at least did you writen the screenplay for SAVING MBANGO? (Laugh).

N.K : (Laugh) I didn’t write Saving Mbango, the writer is Lynno Lovert, because of our friendship he mostly bounce off his ideas and vision on me and encouraged and challenged to have it done with no fear or hesitation. I’m so happy to see the fantastic writer that he is becoming.

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© Del Mezzo Pictures

L.F.C : By the way, tell us more about “The Script Workshop”.

N.K : The Script Workshop is a tailored program meant to provide Cameroonian Script writers the basic tools and techniques of script writing in a bid to improve and give professional touch to the stories we tell in Cameroon. Script writing is crucial and a very important foundation of a good movie. It should not be done by assumption. Dialogue subtlety doesn’t make a good Script. Huge vocabulary doesn’t do it either. A good script has several components like Jeff Lyons’ seven components of the visible and invisible structures, Blake Schneider’s Beat Sheet, Joseph Campbell’s Hero’s Journey and other Script Legends like Robert McKee and John Yorke. These guys have uncountable successful screenplays, above all they have written instructive books about what goes into a good screenplay or what makes a story work. We just have to be willing to learn and stop assuming, that is the only way to become a meaningful writer. That is the only way to elevate the standard of filmmaking in Cameroon. Twice in three years two different juries have not found a Cameroonian movie and a Cameroonian Actor worthy of the titles respectively. What do you think is the course? Well let tell, THE ONLY COURSE OF THIS IS BAD WRITING. The Script is the Ex factor of every movie. If the characters are poorly developped in the script there is nothing anyone can do.

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L.F.C : Would you say that this training has transformed the way you work?

N.K : Definitely, this training has transformed the way I write scripts. I have not been a student in this workshop but as a founder and one of the instructors I do a lot of reading and research about writing and I learn a lot from my colleagues during the workshop. One is never too learned to learn something new or to be reminded of something you may have forgotten.

L.F.C : How was the shooting of SAVING MBANGO?

N.K : The filming of Saving Mbango was great, it was a special moment for me especially. We were in a camp and that provided a chance to know some colleagues. We had an amazing team and everyone was determined to put in their best both in front and behind the camera. The camp was in a village with a lot of mangoes, kadji beer and a large warm river. We had a lot of interesting people with different profiles so there was no dull moment 😉 Now that I think of it I feel a little sad that we behind the Camera didn’t have enough time to eat mangoes, swim and drink Kadji beer like our colleagues in the other side of the camera.

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L.F.C : Pictures of Laura Onyama, head completely shaved circulated. It’s not common to see that in the cinema. Tell us more please.

N.K : Oh, that? What should I say? Shaved head is not the only enigma look on Laura’s character she also had contacts that kept me on my toes through the entire shoot. In the story Laura’s character is treated as a reject in the community so I wanted a particular look to maximize the visual impact. I think I am grateful to Laura for allowing us to do anything on her body to bring out the look we wanted. My appreciation also goes to Chinoso Sunshine and Kim Barbie for such a brilliant application and achievement of SFX.

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L.F.C : What are the next steps?

N.K : Works are well advanced at Post Production, when we round up the Producer will tell us when to see the movie.

M.N.