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FESTIVAL : Ecrans Noirs 2019, l’édition de toutes les revendications ?

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La 23ème édition du Festival Ecrans Noirs ne s’annonce pas de tout repos pour le comité d’organisation dudit Festival, cette année. L’appel à films n’est pas encore terminé, qu’il pleut littéralement des revendications de toute part, qui rendent les perspectives de cette 23ème édition aussi floues que le logo que vous voyez sur ce chapeau. Vivement la conférence de presse !

La Rédac’ ne saurait vous dire où tout a commencé, mais elle a quand même sa petite idée : John Dumelo. L’acteur ghanéen a été en effet annoncé en grande pompe sur la page Facebook Officielle du Festival Ecrans Noirs comme invité potentiel de marque de cette 23ème édition. Quelques minutes plus tard, un hashtag naissait sur la toile, lancé par le Cinéaste Raphael Matouké : #ngijolauxecransnoirs2019. Devenu très vite viral, le mouvement n’a pas été du goût de tout le monde, puisque le réalisateur du court-métrage “Noqra Zarka” (nommé aux LFC Awards 2018) Eric Demtare, a réagi à contre-courant d’un engouement qui se faisait de plus en plus grandissant.

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De quels “VRAIS” problèmes parlent-ils ? Nous avons bien entendu mené l’enquête pour vous ! Tout d’abord, les conditions de projection des films en salles : elles atteindraient parfois, si ce n’est souvent, la jauge “exécrables”. Ensuite, le public absent de quasiment toutes les séances, mais pourtant présent aux Cérémonies d’Ouverture et de Clôture. Les théories vont bon train sur le désintérêt de ce public tant convoité par les Cinéastes et par le Festival lui-même, mais beaucoup estime que faire payer l’entrée par exemple est une erreur, surtout lorsque le premier objectif est de réconcilier les films avec leur cible. La multiplication des lieux de projections serait un autre problème, parce que les spectateurs n’ont pas la possibilité de voir tout ce que la programmation a concocté pour eux. Frank Olivier Ndéma a ainsi lancé à son tour un hashtag “#PublicEnSalle2019”, allant jusqu’à proposer une stratégie aux airs de défi au Délégué Général Bassek Ba Kobhio, à qui il promet de remplir deux séances de n’importe quelle production si on lui donne en contrepartie ce qu’il veut.

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Le problème qui a été soulevé par le hashtag #ngijolauxecransnoirs2019 est celui de la valorisation des talents Camerounais. Les passions ont été déchainées, le sujet s’est même éloigné jusqu’à attirer l’attention de la bloggueuse béninoise et passionnée de Cinéma Cornélia Glele, qui s’est étonnée de certains propos qu’elle a jugé (à raison ?!) “Xénophobe”. La présence de Thomas Ngijol au Festival Ecrans Noirs est-elle une priorité face à des mauvaises conditions de projection, à un public absent en salles, à des Cinéastes qui estiment être peu considérés durant le Festival ? C’est la question que s’est apparemment posée Eric Demtare. En réponse au buzz qu’a été ce hashtag, le Festival a posté une photo de l’acteur Alain Bomo Bomo, suggérant la possibilité qu’il soit le Maitre de Cérémonie de cette 23eme édition.

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Le Festival Ecrans Noirs a lieu cette année du 13 au 20 juillet 2019. La conférence de presse est attendue de pied ferme par la communauté des Cinéastes et son Délégué Général, Bassek Ba Kobhio, devra certainement s’armer de réponses convaincantes et agir ensuite de façon concrète pour montrer qu’il est à l’écoute, toujours.

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À L’AFFICHE : Première réussie pour l’« Opération 1 film africain tous les mois » de WOURI TV

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Ils ont bravé le froid de ce 1er février 2019 pour assister à la première représentation de l’ « opération 1 film africain tous les mois » de WOURI TV. Devant le Cinéma Le Brady, ils étaient près d’une quatre-vingtaine dès 19h, sous une fine goutte de pluie, impatients de pouvoir rentrer dans la salle. Certainement, pour la majorité venue sans parapluie, afin de se mettre à l’abri, mais aussi et surtout, pour voir le film et avoir la satisfaction de se dire : « J’ai assisté à la première projection en salle de films africains organisée par WOURI TV ». 

Pourtant les responsables de la plateforme semblaient vouloir faire durer le plaisir. Alignés en rang devant le modeste Cinéma, au point de bloquer l’entrée de l’épicerie adjacente, manifestement peu habitués à voir une aussi grande file, les spectateurs rongeaient amicalement leur frein en se frottant les mains dans l’espoir de se réchauffer. Pas longtemps heureusement, puisque une demie heure environ plus tard, l’entrée dans la salle commençait. Pour cela, il fallait descendre le tapis rouge, qui recouvrait les marches des escaliers menant vers la salle souterraine. L’occasion, pour le photographe dépêché spécialement pour l’événement de voler une photo individuelle, en mode « Cérémonie des Oscars ». 

Le temps pour tout le monde de s’installer, et « Si c’était à refaire », le premier long-métrage choisi par WOURI TV pour cette première « opération 1 film africain tous les mois » a été lancé sans crier gare, ni l’ombre d’un procès ou intermède. Et il faut bien admettre que trouver une place, ou revenir à sa place après être allé acheter des popcorns dans une salle comble n’est pas de tout repos. C’est néanmoins la preuve quelque peu douloureuse pour certains spectateurs, du succès de l’évènement.

Opération réussie donc pour WOURI TV, mais aussi, dans l’ensemble, pour le film. Entre gloussements, murmures, rires et parfois carrément des commentaires à voix haute, le public s’est montré au moins réceptif, si ce n’est totalement conquis par le film de Noëlle Kenmoe et Elvis Bopda. Une rencontre heureuse avec le public que confirment les commentaires on set à l’issue de l’évènement. Et effectivement, Noëlle Kenmoe et Elvis Bopda s’en sortent  finalement assez honorablement. « Et si c’était à refaire » est un long-métrage qui se regarde, souvent avec un certain plaisir, quelques fois, avec quelques grincements de dents. 

Le film se voulait une comédie dramatique, le pari est dans l’ensemble plutôt rempli. Il y’a dans «  Et si c’était à refaire », un arrière goût de « Desperate Housewives », façon long-métrage et surtout, à la sauce camerounaise. Adaptation de la série américaine certes, mais revisitée localement, et plutôt convenablement. On reconnait les personnages de la femme au foyer superficielle (Sandrine Ziba dans le rôle de Corinne), l’ambitieuse (Dolly Tsague dans le rôle de Solange), la dévouée (Sandrine Bamen dans le rôle de Chloé) et la parfaite ménagère /épouse (la réalisatrice Noëlle Kenmoe dans le rôle de Candide). 

On y entend en voix off l’un des personnages décédés nous dérouler l’histoire et bien entendu, on se marre des situations cocasses et tressaillit de certains retournements de situation. En sommes, dans l’ensemble, on s’amuse, portés par des acteurs qui s’en sortent dignement, et un scénario qui tient la route. Une mention spéciale pour Sandrine Bamen et Brice Thomas Dippah, parfait dans son rôle d’alcoolique fini, qui se démarquent.

Néanmoins, « Et si c’était à refaire » comporte quelques ratés dans les transitions entre les scènes, ainsi que quelques raccourcis scénaristiques, scéniques et artistiques. De fait parmi d’autres, les nombreux plans sur l’imposant derrière de Corinne ont largement fait réagir, et Solange a arboré durant tout le film la même boucle d’oreille. Mais qu’importe, le film permet de passer un bon moment et de se dire : le Cinéma Camerounais s’écrit à nouveau lentement, mais sûrement.

 

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N.M