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HOT NEWS : Cinéma l’EDEN, promesse tenue ?

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Le cinéma l’EDEN a donc rouvert ses portes ce 20 décembre 2018 après près d’une décennie de fermeture. Si les promoteurs assurent de proposer des films de qualité aux cinéphiles de Douala, ils misent surtout sur les lunettes 3D pour offrir une expérience nouvelle dans les salles obscures.

« Magnifique l’expérience 3D. » « Très bon choix de film, j’ai adoré regarder avec les lunettes 3D ». C’est là quelques avis de spectateurs recueillis à la sortie du cinéma l’Eden « rénové ». Si le choix du film d’inauguration a mis tout le monde d’accord, ce qui a surtout marqué les gens venus nombreux, c’est l’expérience de regarder un film avec des lunettes 3D. Une expérience que bon nombre de cinéphiles camerounais n’avaient jamais eu avant ce soir. Comme leurs noms peuvent l’indiquer, les lunettes 3D vous donnent l’occasion de voir un film en trois dimensions. Elles ont le chic de vous plonger au cœur du film. Tout se passe comme si le film se tournait devant vous, comme si vous viviez une scène de théâtre.

Résultats, les émotions sont multipliées par deux, voire par trois et plus selon la sensibilité de chacun, les sensations sont plus fortes. Et pour un film comme « Aquaman » qui a énormément d’effets spéciaux qui plus parsemés de scènes d’actions, les lunettes 3D sont justement le plus qu’il faut. Combien de personnes ont avoué hier à la fin du film avoir esquivé les flèches, avoir incliné la tête quand le vaisseau de Arthur esquivait un obstacle ? Ça c’est l’effet des lunettes 3D. « La 3D, ça fait longtemps que ça existe et au Cameroun il n’yen a jamais eu. C’était une erreur qu’il fallait rectifier depuis et on l’a fait », dixit le Directeur du Cinéma l’Eden.

Parlant de « Aquaman », le film d’inauguration, c’est un long métrage de 143 minutes réalisé par James Wan. Sorti cette année, ce film américain met en scène Arthur qui doit sauver le monde d’une guerre qui menace entre le peuple d’Atlantis (habitants de l’eau) et les habitants de la surface. Suspens, actions, humour et amour sont au rendez-vous.

On peut donc dire sans risque de se tromper l’EDEN a « fait fort » pour sa réouverture.

Le cinéma l’EDEN est une belle bâtisse situé au quartier Bessengué, non loin de la Gare ferroviaire du même quartier. Il a été entièrement rénové, la peinture, le carrelage, tout est beau. Si vous avez été dans cette salle quand elle s’était transformée en lieu de prières, vous serez agréablement surpris du changement. L’EDEN dispose d’une boutique à l’entrée. On peut s’y offrir pop-corn, boissons gazeuses, friandises, de quoi grignoter pendant les projections. Elle a une capacité de 836 places.

C’est donc effectif. Le cinéma l’Eden a rouvert ses portes ce 20 décembre. Faites-y un tour. La programmation de la semaine est même déjà disponible.

V.N.

Réouverture du cinéma l’EDEN : ce qu’ils en pensent.

Nous avons recueillis l’avis de quelques figures du Cinéma Camerounais à l’inauguration de la réouverture de la salle de cinéma EDEN, voici leurs réactions :

CLaye Edou, Réalisateur

« Personnellement c’est la première fois que j’assiste à une projection 3D au Cameroun. Je vais dire c’est une réussite. C’est vrai que j’avais quelques appréhensions, mais la technique était au rendez-vous et on a pu vraiment profiter des possibilités qu’offre une projection en relief. Si déjà ils arrivent à privilégier les projections locales ce sera un grand pas. Je vois qu’ils ont déjà pris une avance pour ce qui est de la technique. »

Lucie Memba Bos, Actrice-Productrice

« Je pense que c’est une très grosse motivation pour nous cinéastes et aussi une très belle vue pour les cinéphiles. Je pense que dans les deux parties ça apporte énormément au travail que nous avons à effectuer dans l’avenir pour le Cinéma Camerounais. Les cinéphiles rêvent et ce sera l’opportunité de leur rendre ce rêve-là à travers la 3D. Et je pense que pour nous cinéaste ce sera la magie pour le cinéma en salle que nous avions perdu il y’a déjà pas mal de temps et ça pourra également rehausser ce côté fédérateur que nous avons du Cinéma, qui est de rassembler toutes les personnes qui partagent les mêmes émotions dans une salle sans chercher à savoir qui est le voisin à côté. Je leur demanderai de rester à l’écoute des cinéphiles et à l’écoute des cinéastes.»

Elisabeth Cynthia, Actrice-productrice

« Au début j’avais critiqué le fait que ce soit un film américain qu’on ait choisi pour l’inauguration. Mais là je comprends qu’ils voulaient plutôt mettre en avant le côté innovation, ils voulaient nous montrer ce côté-là, nous faire découvrir et c’était franchement top, j’étais comme une enfant au manège. J’espère que la salle sera accessible. Accessible aux cinéastes. Là c’était “Aquaman”, ce sont les choses d’ailleurs, maintenant on est ici. Ici il y’a des réalités, ici il y’a des choses qu’on ne peut pas ignorer. C’est le souhait de tout le monde qu’il y’ait de plus en plus de coins comme ça où des gens pourront se rassembler pour consommer camerounais. »

Dikongue Pipa, Réalisateur

« C’est une chance inouïe, inattendue pour nous parce que c’est la preuve que nous ne faisons pas pour rien. Notre sacrifice nous en gagnons mais le public a besoin de nous, il peut nous entendre, nous sentir. Notre cinéma peut apporter quelque chose au cinéma mondial. »

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REVIEW : “LIFE POINT” ou quand le Cinéma d’auteur flirte avec le film grand public

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Le 17 février dernier, la chaine nationale (CRTV) nous proposait une soirée Cinéma que nous attendions tous : “Life Point” d’Achille Brice, en compétition officielle au Fespaco 2017, était enfin projeté sur nos petits écrans. Créant à la fois polémique et excitation, le film a néanmoins été vu par le plus grand nombre ce soir là comme en témoigne les multiples réactions sur les réseaux sociaux lues après diffusion.

Chez Le Film Camerounais, nous l’avouons : voir autant de téléspectateurs rassemblés autour d’un film 100% made in 237Land nous a énormément réjoui ! Les avis fusaient de partout, avec une ambiance digne d’une salle de Cinéma pleine à craquer. Nous avons tous découverts avec curiosité cette histoire d’amour naissante entre ce vieux Professeur d’Université veuf incarné par Gérard Essomba et cette jolie jeune danseuse, Tatiana Ngong, que nous raconte le réalisateur Achille Brice.

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La première chose que nous avons retenu en regardant le film, est l’envie forte qu’a eu le réalisateur de nous faire vivre un moment de Cinéma, s’éloignant le plus possible de l’étiquette “téléfilm” qui colle à beaucoup de films faits par des Africains. Cet effort est certainement la conséquence de ces scènes à rallonge, parfois trop lentes à notre goût. Le rythme du film rend le tout pesant, comme une valse interminable où les couples arrivent tout de même à nous convaincre de leurs talents de danseurs.

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L’arrivée du fils du Professeur incarné par Nkanya Nkwai, essaye désespérément de nous ramener dans un film plus grand public, comme si Achille Brice se rendait soudain compte que son oeuvre embrassait un peut trop le Cinéma d’auteur. Lorsque apparait alors le générique de fin, nous sommes mi figue mi raisin chez Le Film Camerounais, appréciant à la fois le jeu d’acteurs et les belles trouvailles côté réalisation (mention spéciale à Tatiana Ngong qui pour nous est la révélation du film), mais regrettant une écriture finalement peu structurée de l’ensemble.

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Toutefois, nous tenons à remercier le réalisateur, pour nous avoir offert ces moments de Cinéma que nous recherchons tant devant nos films, mettant par la même occasion en avant plusieurs talents de notre Cinéma que ce soit dans le casting que dans l’équipe technique. Bravo également aux doubleurs (Axel Abessolo ou encore Valérie Efouba Duval), qui ouvrent une porte à un nouveau savoir-faire au Cameroun.