Category Archives: Interviews

INTERVIEW : CONSTANCE EJUMA , « L’ héroïsme du roi Rudolf devait être célébré »

Tandis que la levée de fonds pour le film « The German King » arrive bientôt à son terme, l’actrice Constance Ejuma, qui y interprètera un des personnages principaux a livré un entretien exclusif à LFC. [La version anglaise à la suite – English version following]

C’est un des rares projets qui met en avant l’histoire du Cameroun. «  The German King », le film en préparation de Adetokumboh McCormack a déjà levée 13 750 $ USA sur les 20 000 $ attendus. Constance Ejuma ( Black Panther 2018 ),  qui jouera la femme de Rudolf Douala Manga Bell s’exprime sur le projet.

LFC: Vous allez jouer le rôle d’Emily dans le prochain projet de film intitulé «The German King » aux côtés de l’acteur sierra-léonais Adetokumboh Frederick Mc Cormack. Mais qui était Rudolf Duala Manga Bell ?

Constance Ejuma: Rudolf Duala Manga Bell était un roi de Douala à l’époque du colonialisme allemand. Bien qu’ayant fait ses études en Allemagne, il a mené une résistance contre les Allemands lorsqu’ils ont tenté de lancer un projet d’urbanisation qui aurait essentiellement créé un système d’apartheid au Cameroun. Il a finalement été exécuté par les puissances coloniales et a depuis été reconnu comme l’un des tout premiers héros anti-coloniaux du Cameroun.

LFC: Pourquoi précisément le biopic de Rudolf Douala Manga Bell ?

Constance Ejuma: Pourquoi pas Rudolf Duala Manga Bell ? L’histoire africaine est riche en personnages qui ont transformés leurs nations mais dont les récits ont été oubliés ou effacés. Le roi Rudolf n’est que l’un de ces personnages. Le scénariste / réalisateur Adetokumboh McCormack a découvert cette histoire et a estimé que l’héroïsme du roi Rudolf devait être célébré.

LFC : Pensez-vous que « The German King » pourrait un jour devenir le «Lumumba» du Cameroun avec quelques décennies de différence ? 

Constance Ejuma : Oui. Il y a certainement des parallèles dans leur défiance contre l’oppression coloniale.

LFC: Est-ce que l’angle du film sera aussi politique que celui de Lumumba ou s’agira-t-il d’un film plus intimiste du personnage historique ?

Constance Ejuma : Un peu des deux. Le titre du film laisse deviner ses nuances politiques. En raison de son éducation allemande, Bell était sensé perpétuer l’agenda colonial. Mais lorsqu’il a reconnu le caractère oppressif du pouvoir colonial, il s’est rangé du côté de son peuple et a pris des mesures pour tenter de le protéger – non seulement en tendant la main à d’autres chefs camerounais, mais également aux dirigeants d’autres pays.

LFC: Qui était Emily et pourquoi avez-vous choisi de jouer ce rôle ?

Constance Ejuma : Emily Engome Dayas était la femme du roi Rudolf. J’ai choisi de jouer ce rôle parce que je veux apporter ma contribution pour mettre en lumière cette importante partie de notre histoire. En tant que Camerounaise, j’ai toujours eu pour objectif de faire découvrir notre histoire au reste du monde et c’est une occasion rêvée de le faire.

LFC: Au fait, avez-vous choisi ce rôle ou vous a-t-il été offert ?

Constance Ejuma : Il m’a été offert.

LFC: Vous avez lancé une collecte de fonds pour ce film. Mais pouvez-vous nous en dire plus sur l’équipe du projet ? Réalisateur, Scénariste, Lieux de tournage etc.?

Constance Ejuma : Le projet est dirigé par le scénariste / réalisateur / acteur Adetokumboh McCormack, qui jouera également le rôle principal. Le casting comprend un nombre d’acteurs incroyablement talentueux – parmi eux le camerounais, Jude Yong, qui jouera le rôle du roi Njoya. Comme il s’agit d’un court métrage, nous allons le tourner aux États-Unis, mais nous espérons pouvoir tourner un long métrage un jour au Cameroun.

LFC: De combien avez-vous besoin et pourquoi ?

Constance Ejuma: Nous souhaitons collecter 20 000 dollars pour couvrir les coûts de production. Les gens peuvent contribuer à notre campagne de financement participatif ici.

LFC: Avez-vous déjà défini un calendrier pour le début et la fin du tournage, la bande-annonce, la sortie éventuelle?

Constance Ejuma : Nous allons entrer en production très prochainement et nous espérons avoir un produit fini milieu de l’année prochaine. Vous pouvez également suivre nos progrès et obtenir des mises à jour sur nos plateformes de médias sociaux: facebook, twitter, Instagram.

inteerview-constance-ejuma-the-germanking-affiche-lefilmcamerounais

Traduit de l’anglais par la rédaction.


[English version]

INTERVIEW : CONSTANCE EJUMA , «  King Rudolf’s heroism needed to be celebrated »

While the fundraiser for the movie « The German King » is coming to an end, actress Constance Ejuma, who will perform one of the main characters, delivered an exclusive interview to LFC. [English version]

It is one of the rare projects that highlights the history of Cameroon. «  The German King », the film in preparation of Adetokumboh McCormack has already raised $ 13,750 USA on the $ 20,000 expected. Constance Ejuma ( Black Panther 2018) who will play the wife of Rudolf Douala Manga Bell speaks about the project.

LFC : You will play the role of Emily in the next movie project called « The german king » alongside Sierra Leonean actor Adetokumboh Frederick Mc Cormack. But who was Rudolf Douala Manga Bell ?

Constance Ejuma : Rudolf Duala Manga Bell was a Douala King at the time of German colonialism. Though he was educated in Germany, he launched a resistance against the Germans when they attempted to initiate an urbanization project which would have essentially created an apartheid system in the Cameroon. He was eventually executed by the colonial powers and has since been remembered as one of Cameroon’s earliest anti-colonial heroes.

LFC : Why precisely Rudolf Douala Manga Bell’s Biopic ?

Constance Ejuma : Why not Rudolf Duala Manga Bell? African history is rich with figures who transformed their nations but whose stories have either been forgotten or erased. King Rudolf is just one among many such figures. When writer/director Adetokumboh McCormack discovered this story, he felt that King Rudolf’s heroism needed to be celebrated.

LFC : Do you think that « The German King » could one day become the « Lumumba » of Cameroon to a few decades of difference? ( laugh)

Constance Ejuma : I do. There are certainly parallels in their defiance against colonial oppression.

LFC : Will the film’s angle be as political as Lumumba’s, or will it be a more intimate movie of the historical character?

Constance Ejuma : A bit of both. The title of film gives away it’s political undertones. Because of his German education, Bell was expected to push forward the colonial agenda. But when he recognized the oppressive nature of colonial rule, he sided with his people and took steps to try and protect them – not only reaching out to other Cameroonian chiefs but to leaders of other countries as well.

LFC : Who was Emily and why have you chosen to play this role ? 

Constance Ejuma : Emily Engome Dayas was King Rudolf’s wife. I chose to play the role because I want to do my part in bringing this important story to life. As a Cameroonian, it’s always been my goal to share our stories with the world and this is a dream opportunity to accomplish just that.

LFC : By the way, did you choose this role or was it offered to you?

Constance Ejuma : It was offered to me.

LFC : You have launched a fundraiser for this film. But can you tell us more about the project team? Director, Writer, Filming locations etc?

Constance Ejuma : The project is being helmed by writer/director/actor Adetokumboh McCormack who will also play the lead role. The cast includes a number of incredibly talented actors – among them fellow Cameroonian, Jude Yong, who will play the role of King Njoya. As this is a short film, we are going to shoot it in the USA but we are hopeful that someday we will shoot a feature on location in Cameroon.

LFC : How much do you need, and for what ?

Constance Ejuma : We would like to raise $20,000 to cover the cost of production. People can contribute to our crowdfunding campaign here.

LFC : Have you already set a schedule for the start and end of filming, the trailer, the eventual release?

Constance Ejuma : We will be heading into production very soon and are looking to have a finished product in the middle of next year. You can also follow our progress and get updates on our social media platforms : facebook, twitter, Instagram.

inteerview-constance-ejuma-the-germanking-affiche-lefilmcamerounais

M.N.

Advertisements

INTERVIEW : JEAN MARC ANDA parle de son dernier projet “Profanation”

Profanation-interview-jean-marc-anda-lefilmcamerounais-3

Le dernier projet du réalisateur de ” LE PATRIOTE ” et ” NYANGONO “, ” PROFANATION “, est actuellement en cours de production. Jean-Marc Anda a accordé une interview exclusive à LFC où il nous en dit plus sur son film.

Le premier ” long -métrage” de Jean-Marc Anda est en cours de production. Et le réalisateur a choisi le film d’horreur. Il s’exprime sur la raison d’un tel choix, ses difficultés et la manière dont se déroule le tournage. Entretien.

LFC : De quoi parle le film ” Profanation ” ?

Jean-Marc Anda : PROFANATION met en scène une équipe de quatre étudiants de l’institut national du cinéma pris au piège dans un lieu sacré alors qu’ils étaient partis tourner leur film de fin de formation. Le film a une durée d’environ 70 minutes ou moins; j’aime pas les films très longs. PROFANATION met en avant la connaissance et le respect des lieux et objets sacrés.

LFC : Pourquoi avez-vous décidé d’aborder le sujet de la manière choisie?

Jean-Marc Anda : J’ai toujours rêvé de faire des films d’horreurs… Je suis un passionné des Slashers, j’en ai vu une trentaine notamment, les sagas: Vendredi 13, Les griffes de la nuit, Souviens-toi…l’été dernier, destination finale, Détour mortel, Saw, Je crache sur ta tombe, Hostel, Scream, Massacre à la tronçonneuse et bien d’autres. J’ai lu beaucoup d’articles sur les grands maîtres de ce genre cinématographique (Wes craven, Tobie Hooper, John Carpenter…) et j’ai voulu faire quelque chose à leur image mais pas comme eux.

En 2017, j’ai regardé le court métrage SEULE de Grégory BOZEC et Karim Ben-mamoud. Ce film m’a tellement fasciné que j’ai décidé de faire mon premier film d’horreur. J’en ai parlé avec Arnaud TSOWO TEGUIA qui est mon ami et collègue de longue date. On a développé une histoire et il a écrit la première version du script.Certes on voulait faire un film d’horreur mais, on voulait aussi qu’il soit original et différent des slashers Américains. On a donc décidé d’orienter le scénario vers les croyances et traditions Africaines. Moi je travaillais principalement sur les éléments liés au slasher pendant qu’Arnaud était focalisé sur les éléments de la tradition, c’est d’ailleurs lui qui a pensé qu’il était intéressant de mettre en avant les lieux et objets sacrés.

LFC : Comment se déroule le tournage du film?

Jean-Marc Anda : Je dois avouer que c’était le tournage le plus difficile que j’ai jamais fait. On était dans la région de l’Ouest où il fait excessivement froid mais, l’équipe s’est adapté assez facilement. J’ai eu la chance de travailler avec des comédiens et comédiennes pas forcément expérimentés mais très motivés et très talentueux. Désirée KWAKEP, Anne Marie KOM, Arnaud TSOWO TEGUIA, Chicoutimi Hassani Omar,Raymond GUIAKAM ont donné tellement d’énergie devant la caméra pendant que derrière on avait le talentueux Tobie Frank BIDJANGA, le très expériemnté Hervé GUEMETE au son, la talentueuse Rosine NKEM à la décoration, la jeune Jamila QUEEN au maquillage et bien sûre ma chère petite soeur Carine BELA qui m’a créé de magnifiques costumes. Mon assistant réalisateur Pierre INAHest sans doute la personne la plus appréciable de ce plateau. Il y’a eu aussi beaucoup d’assistants et autres techniciens à qui je dis un grand merci, Paul Merlin, Peggy, Ulrich…).

C’est mon premier long métrage. Je tiens à ce qu’il soit remarquable ! Pour cela, j’ai choisi desdécors remarquables. Toutes les séquences du film ont été tournées dans des lieux sacrés à Baham dans la région de l’Ouest Camerounavec plus de 95% de lumière naturelle ce qui a rendu le tournage encore plus compliqué à cause des pluies et le ciel souvent nuageux. Le soleil n’était pas toujours là quand on en avait besoin. Normal, le soleil ne travaille pas pour nous, c’est nous qui nous adaptons à lui !

Deux choses m’ont marqué pendant le tournage: l’accueil et la gentillesse des gardiens des lieux sacrés dans lesquels nous avons tourné, ils ne nous ont posé aucun problème, ils nous ont plutôt encouragé à faire connaître les traditions Africaines à travers nos films. Ensuite, la grand-mère chez qui on logeait nous a dit: ” les garçons, l’argent que ce film va vous rapporter, allez doter vos petites amies et venez me les présenter… Les filles, cherchez à vous marier. Même si c’est avec un pousseur, faites des enfants et venez me les présenter”

LFC : Quelles sont les principales difficultés rencontrées ? Qu’avez-vous le plus apprécié jusque-là?

Jean-Marc Anda : Le budget très réduit du film a été la plus grande difficulté. C’est très difficile de faire un film sans argent. C’est parce que je suis très têtu et beaucoup de personnes m’apprécient que j’ai réussi à faire ce film. J’ai beaucoup apprécié l’amour, la joie et le felling qu’il y’avait entre les membres de l’équipe. Beaucoup ont pleuré quand on se séparait, moi y compris.

LFC : Quelles sont les prochaines étapes?

Jean-Marc Anda : Je ne souhaite plus faire de film sans argent et donc, mon premier objectif pour ce film est de faire un maximum d’audience à la sortie en salles dans toutes les villes majeures et quelques petites villes camerounaises pour engranger des bénéfices.C’est évident que le film sera soumis aux festivals, c’est mon premier long métrage, je souhaite qu’il marche mieux que mes deux courts métrages LE PATRIOTE et NYANGONO. Le trailer sera disponible en décembre et le film sort probablement le 11 Février 2019.

M.N.