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Cinéma : “KANKAN”, le biopic de tous les défis signé Joseph Akama

Photo plateau du film “Kankan”

Après un tournage qui s’est déroulé dans le plus grand des secrets, l’univers cinématographique camerounais a découvert à la fois surpris et enchanté, l’initiative et surtout l’ambition du producteur et réalisateur de film d’animation Claye Edou (“Minga et la cuillère cassée”) : produire un biopic autour de Jean-Miché Kankan, une icône incontestée en Afrique francophone. INTERVIEW.

LE FILM CAMEROUNAIS : Vous êtes le Producteur d’un biopic ambitieux autour du célèbre comédien camerounais connu sous le pseudonyme « Jean Miché Kankan » (de son vrai nom Dieudonné Afana Ebogo) : à quel point étiez-vous prêt à prendre la responsabilité d’un tel film lorsque le désir de produire cette œuvre est né ?

CLAYE EDOU : Ce qu’il faut savoir c’est que produire un tel film était l’occasion de rendre un hommage amplement mérité à une icône qui, 25 ans après sa disparition, est toujours très présente dans les esprits dans toute l’Afrique francophone. De plus, c’était un moyen d’enrichir le paysage cinématographique camerounais en abordant un genre très peu exploré dans notre contexte, le biopic, tout en offrant une vitrine propice à la révélation de talents dont regorge notre jeune industrie. En ce qui me concerne, tous les éléments étaient réunis pour booster ma motivation de mener à terme ce projet malgré les immanquables difficultés.

LFC : Le film est actuellement en post production : à quel point êtes-vous satisfait à ce jour en tant que Producteur ?

C.E : Je suis satisfait de ce que le film propose comme innovation en termes de narration, de réalisation et de défis qui ont été relevés à travers ce voyage dans le passé proposé aux spectateurs. Ma satisfaction vient également de la complémentarité des différents artistes et techniciens impliqués qui a permis d’obtenir ce long-métrage. J’ai sincèrement hâte de partager le produit fini avec les cinéphiles et d’en observer l’impact culturel.

Eugène Sotti (DOP), Claye Edou (Producteur), Joseph Akama (Réalisateur), Landry Nguetsa (Acteur), Eric Demtare (Dir. Prod.)

LFC : La rencontre avec la famille de « Kankan » : racontez-nous !

C.E : Le réalisateur et moi avons eu le privilège de rencontrer son fils, un homme plutôt discret qui, grâce à ses témoignages, nous a permis de construire le personnage et savoir quel homme il était à la ville. De plus, il nous a fait l’honneur de nous donner accès aux archives personnelles de son père et à ses albums photo, ce qui a été d’une précieuse aide. Je garde un souvenir ému de nos échanges.

LFC : Qu’est-ce qui a motivé votre choix de confier la réalisation d’un projet aussi lourd à porter au jeune metteur en scène et scénariste Joseph Akama ?

C.E : Nous nous sommes connus au Festival des Écrans Noirs édition 2018, avant qu’il ne s’illustre avec les excellents court-métrages «Western» et «Into The Den». Son sens artistique aigu, son esprit audacieux, sa créativité et sa capacité à obtenir le meilleur des acteurs qu’il dirige ont motivé mon choix. Pour un tel projet, étant moi-même issu de la génération animée par les sketchs de Jean Miché Kankan au moins une quinzaine d’années avant son décès, il me fallait un regard neuf venant d’un réalisateur jeune, mais suffisamment ancré dans l’environnement socio-culturel du sujet.

LFC : Landry Nguetsa sera désormais la figure cinématographique de « Jean Miché Kankan », un choix judicieux qu’à la Rédaction, nous souhaitons saluer : était-ce votre choix ou celui du réalisateur ?

C.E : La proposition est venue du réalisateur après que certaines figures du monde du théâtre et de l’humour aient été abordées sans résultats satisfaisants. La principale difficulté, au-delà du minimum de ressemblance physique que requiert tout biopic, était la dualité du personnage qui s’exprime avec deux accents régionaux différents. Le défi a été relevé haut la main.

Landry Nguetsa & Claye Edou

LFC : Quelle vie espérez-vous pour « KANKAN » et quelle est votre stratégie pour y parvenir ? Une date de sortie est-elle déjà prévue ?

C.E : Je ne peux que lui souhaiter une belle carrière internationale, bien au-delà de l’Afrique francophone où le personnage principal est déjà connu. Le meilleur moyen d’y parvenir serait d’abord de rayonner dans les festivals les plus réputés bien avant de définir un calendrier de sortie. Let’s wait and see.

LFC : Votre réplique préférée de « KANKAN » ?

C.E : Ce n’est pas forcément ma préférée car je ne souhaite pas gâcher la surprise… mais j’apprécie le côté positif de l’expression qu’affectionne Kankan : «À la santé !»

Le teaser sera dévoilé le dimanche 13 février 2022 sur la page officielle du film, à l’occasion du 25ème anniversaire de la disparition de Jean Miché Kankan.

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CREATING GOOD PRODUCTS IS THE SECRET TO BEING ON NETFLIX, FOLLOWING DON OMOPE

Don Omope

The nigerian producer and director DON OMOPE ( The wedding Party and TATU), who is participating to Pavillon Afriques this Year has agreed to talk to Le Film Cameroun about his work. INTERVIEW.

LFC (Le film Camerounais) : Hi Don OMOPE. You are the producer of The Wedding Party. Please can you talk about the challenges and joys of producing in Nigeria? 

D.O (Don OMOPE) : Producing is basically project management of films across the business, the editorial, the physical manufacturing and the marketing of the film product to generate a willing audience… The challenges and joys of producing in Nigeria like producing anywhere else in the world stems from the four above stages. Every project is unique in its experiences, you know what to expect from making many films but you don’t really know how to expect the things you expect to happen. Filmmaking is challenging because you are fighting battles and putting out fires from raising money from investors and trying to agree the right terms, to negotiating with writer and agree a single unified story idea to battling with directors to ensure they make the movie to the agreed budget and then finding a unique way to market the movie in a way that the audience with be excited to want to watch the movie. The joy of making movie comes from finding a way to enjoy the challenges so you can appreciate the process and if the movie gets successful the joy is even greater. 

LFC : As a Nigerian producer, what is your opinion about Cameroonian movies? 

D.O : I am more familiar with the anglophone Cameroon actors in Nollywood and festival film directors like Jean-Pierre Bekolo. 

LFC : You are also a director. You directed Tatu, a film between adventure and horror movie, which is not common in African industry. Why have you chosen to direct that movie especially? 

D.O : Tatu was a film i had worked on the screenplay for about a year knowing i was going to direct it. i wanted to tell the traditional epic nollywood story but in a contemporary way… what i called a contemporary epic. i was inspired loosely by Mel Gibbs fill Apocalypto. 

TATU movie still

LFC : TATU is an eponym movie based on Abraham Nwankwo’s book. What is your conception concerning the relationship between literature and cinema, mainly in Africa? 

D.O : Literature is a big part of our culture in Africa and most of our best writers exist more in literature than in film…. So i wanted to find a way to bridge this disparity but adapting Abraham Nwankwo’s book in collaboration with him to create a new product for cinema. 

LFC : Most of the movies you produced or directed are available on Netflix. What is your secret? 

D.O : It’s about creating good products…. The trick is matching inspired idea selection with classic story telling and aspirational photography. 

LFC : Do you think that Youtube is a welcomed platform for african producer and director to emerge? In your opinion, what are the advantages and the dangers? 

D.O : Youtube is a great additional outlet, i am not sure i want to just be a youtube filmmaker because i am a cinema filmmaker and i want to make big commercial films. But that doesn’t stop me from creating products for youtube as i am creating products for cinema/Netflix… Youtube is a new branch on my tree not a new tree for me. 

LFC : You have already received several awards for the films you have produced or directed from festivals around the world. Is it really important to compete at festivals? What these awards brought to you? 

D.O : Festival are good for developing your storytelling for a global audience which is the aim of any serious storyteller.. I plan to make my movies more festival leaning because i believe in the role of film festivals in the film space. I have enjoyed global exposure because of my films going to festivals. 

LFC : You are participating to Pavillon Afriques this year: what inspires this kind of initiative to you? 

D.O : Afriques Pavillion is a very important initiative to bring all African filmmakers together so we can support and work together… Its an amazing project which i support. 

LFC : A last question please. You participated to the documentary Nollywood – Film Business African Style from Johannes Preus. What advices can you give to Cameroonian producers and directors? 

D.O : I think they have to be more deliberate about the story choices they make and work on improving storytelling technique … These are the two key things that matter as a filmmaker … You can then add great production values.

M.N