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COUP DE COEUR : “Le Bleu Blanc Rouge de [ses] cheveux”

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Vingt et une minutes ont suffi à Josza Anjembe, dont c’est le premier court-métrage, pour nous embarquer jusqu’au bout dans la vie de Seyna dix-sept ans et surtout, pour nous convaincre de ses talents indéniables de réalisatrice ! Depuis notre premier coup de coeur (“Une Démocratie Africaine“), nous n’espérions pas chez Le Film Camerounais en avoir un second de si tôt.

A dix-sept ans, Seyna (Grace Seri) est une adolescente d’origine Camerounaise née en France et qui aime profondément son pays. Ses parents sont fiers de leur fille qui vient d’obtenir son baccalauréat et tandis qu’elle approche de la majorité, la jeune femme ne rêve que d’une chose : acquérir la nationalité Française. Ce qui n’est pas du goût de son père qui s’y oppose catégoriquement.

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Pour ce premier film, Josza Anjembe opte pour une réalisation intelligente à la fois simple et efficace. En d’autres termes, les images sont si belles, le son si travaillé et les acteurs si justes que vous spectateur avez enfin la possibilité de ne vous concentrer que sur l’essentiel : l’histoire qu’on vous raconte. Une oeuvre dans laquelle des erreurs techniques et de mise en scène sont trop présentes vous empêche littéralement d’apprécier ou même de vous faire une idée du propos d’un film.

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Chez Le Film Camerounais, nous avons particulièrement apprécié le travail remarquable qui a été effectué sur les personnages secondaires du film. Nombreux sont les metteurs en scènes qui sont tellement focalisés sur leurs personnages principaux qu’ils en oublient à quel point ceux et celles qui les entourent permettent de les sublimer davantage. Cet aspect du “Bleu Blanc Rouge de mes Cheveux” montre la qualité d’écriture du scénario de base, ainsi que la capacité de la réalisatrice à l’emmener encore plus loin une fois devenu film.

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Le seul bémol de ce court-métrage à notre sens, est sa chute. Bien que nous soyons conscient du message que la réalisatrice a voulu faire passer, elle manque cruellement à la fois de pertinence et surtout, de vraisemblance. Vous la dévoiler serait vous spoiler* entièrement le film, alors nous restons volontairement vague pour susciter à la fois votre curiosité et vous donner envie de le découvrir absolument. En sélection officielle de la 20ème édition du Festival Ecrans Noirs, le film n’a pas remporté le sésame, mais n’a pas du tout démérité.

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* Spoiler = dévoiler 

LE BLEU BLANC ROUGE DE MES CHEVEUX – Extrait from Yukunkun Productions on Vimeo.

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REVIEW : “Braquage à la Camerounaise”, la bonne idée qui rêvait d’être un film

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Avec “Braquage à la Camerounaise”, l’acteur qu’on ne présente plus Alain Bomo Bomo signe ici son premier film non plus uniquement devant, mais aussi derrière la caméra. Samedi dernier, Le Film Camerounais a fait le déplacement, ne désirant rater aucune miette de cette oeuvre au titre alléchant.

La projection prévue à quatorze heures, a démarré non sans peine deux bonnes heures plus tard. Autant vous dire que nous n’étions plus au stade de la simple motivation pour découvrir le film. Bien que deux impresarios aient visiblement été embauchées pour l’occasion, ni l’un ni l’autre n’a cru bon d’échanger avec le public qui lui, était à l’heure. Mais passons …

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L’idée du film est excellente. En faire un huis-clos est certainement le concept qu’il fallait à ce projet pour s’inscrire dans l’histoire des films Camerounais. Le bon titre, la bonne idée, le bon concept : la recette qui en apparence était parfaite, s’est vite transformée en véritable cauchemar pour tout spectateur qui avait décidé de passer son samedi après-midi assis dans la salle de Cinéma Sita Bella plutôt que tranquillement chez lui devant sa télé. La Cameroon Actors Agency (créée par Alain Bomo Bomo) a essayé en vain de nous servir de la performance au détriment de la sobriété et de la technicité qu’on attendrait d’un bon acteur.

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Les premières minutes nous installent visuellement uniquement, car la bande son est totalement inexistante. Les lèvres du personnage remue pourtant, mais ni sa voix, ni les ambiances, ni la musique ne parviennent aux oreilles des cinéphiles  qui incrédules, se contentent de soupirer, de s’éclaircir la gorge ou encore de gigoter dans leurs fauteuils pour cacher leur malaise. Les interminables minutes passent enfin et nous découvrons tous avec horreur, que l’équipe s’est essayée à la post synchronisation, déshumanisant par la même occasion tous les protagonistes et antagonistes du film.

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“Braquage à la Camerounaise” nous présente une écriture pauvre, avec des dialogues clichés les uns après les autres. On dit en Afrique que le silence au Cinéma n’est pas assez utilisé et compris, là en l’occurrence, il est victime d’un surdosage qui ne sert à créer qu’une seule chose : un suspense bancale, peu crédible et limite lassant. Les américains ont pris possession du scénariste de la première à la dernière seconde du film, dévoilant ainsi son incapacité totale à écrire ne serait-ce qu’une seule scène potable.

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Evoquer le son est une véritable souffrance ici, car quasi inexistant voir révoltant. Evidemment qu’on peut faire appel à des soucis techniques et autres excuses qui n’ont pas leur place au Cinéma, ça n’en reste pas moins insultant pour toutes les personnes qui ont dépensé leur argent pour s’offrir ce qui devait être une belle expérience. Les acteurs sont mauvais, leurs personnages écrits avec une faiblesse qui frôle à peine le niveau des secondaires et la mélodie montée en boucle qui sert de musique devient limite anxiogène. Enfin, que dire de la photographie : nous avons compté cinq textures différentes dans le film qui s’incrustaient sans raison, sans prévenir et qui n’ont servi à rien d’autre que nous dire le mauvais choix du réalisateur en ce qui concerne son chef opérateur.

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Chez Le Film Camerounais, nous avons néanmoins noté un aspect que nous jugeons extrêmement positif dans ce premier essai d’Alain Bomo Bomo en tant que metteur en scène : l’envie de bien faire et surtout, la sincérité avec laquelle l’acteur réalisateur désire par-dessus tout nous faire passer un bon moment de Cinéma. Nous saluons avec beaucoup d’enthousiasme son énergie, sa niaque, son soucis pour la formation et transmission de connaissances.

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“Braquage à la Camerounaise” est un film à voir malgré tout, car il a cette capacité de générer en vous des milliards d’idées et surtout, l’envie de vous jeter vous aussi à l’eau si vous hésitiez encore. Alain est tombé cette fois, mais nul doute qu’il se relèvera et nous proposera quelque chose de plus abouti la prochaine fois.

Regardez la Bande Annonce ici.