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REVIEW : “Braquage à la Camerounaise”, la bonne idée qui rêvait d’être un film

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Avec “Braquage à la Camerounaise”, l’acteur qu’on ne présente plus Alain Bomo Bomo signe ici son premier film non plus uniquement devant, mais aussi derrière la caméra. Samedi dernier, Le Film Camerounais a fait le déplacement, ne désirant rater aucune miette de cette oeuvre au titre alléchant.

La projection prévue à quatorze heures, a démarré non sans peine deux bonnes heures plus tard. Autant vous dire que nous n’étions plus au stade de la simple motivation pour découvrir le film. Bien que deux impresarios aient visiblement été embauchées pour l’occasion, ni l’un ni l’autre n’a cru bon d’échanger avec le public qui lui, était à l’heure. Mais passons …

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L’idée du film est excellente. En faire un huis-clos est certainement le concept qu’il fallait à ce projet pour s’inscrire dans l’histoire des films Camerounais. Le bon titre, la bonne idée, le bon concept : la recette qui en apparence était parfaite, s’est vite transformée en véritable cauchemar pour tout spectateur qui avait décidé de passer son samedi après-midi assis dans la salle de Cinéma Sita Bella plutôt que tranquillement chez lui devant sa télé. La Cameroon Actors Agency (créée par Alain Bomo Bomo) a essayé en vain de nous servir de la performance au détriment de la sobriété et de la technicité qu’on attendrait d’un bon acteur.

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Les premières minutes nous installent visuellement uniquement, car la bande son est totalement inexistante. Les lèvres du personnage remue pourtant, mais ni sa voix, ni les ambiances, ni la musique ne parviennent aux oreilles des cinéphiles  qui incrédules, se contentent de soupirer, de s’éclaircir la gorge ou encore de gigoter dans leurs fauteuils pour cacher leur malaise. Les interminables minutes passent enfin et nous découvrons tous avec horreur, que l’équipe s’est essayée à la post synchronisation, déshumanisant par la même occasion tous les protagonistes et antagonistes du film.

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“Braquage à la Camerounaise” nous présente une écriture pauvre, avec des dialogues clichés les uns après les autres. On dit en Afrique que le silence au Cinéma n’est pas assez utilisé et compris, là en l’occurrence, il est victime d’un surdosage qui ne sert à créer qu’une seule chose : un suspense bancale, peu crédible et limite lassant. Les américains ont pris possession du scénariste de la première à la dernière seconde du film, dévoilant ainsi son incapacité totale à écrire ne serait-ce qu’une seule scène potable.

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Evoquer le son est une véritable souffrance ici, car quasi inexistant voir révoltant. Evidemment qu’on peut faire appel à des soucis techniques et autres excuses qui n’ont pas leur place au Cinéma, ça n’en reste pas moins insultant pour toutes les personnes qui ont dépensé leur argent pour s’offrir ce qui devait être une belle expérience. Les acteurs sont mauvais, leurs personnages écrits avec une faiblesse qui frôle à peine le niveau des secondaires et la mélodie montée en boucle qui sert de musique devient limite anxiogène. Enfin, que dire de la photographie : nous avons compté cinq textures différentes dans le film qui s’incrustaient sans raison, sans prévenir et qui n’ont servi à rien d’autre que nous dire le mauvais choix du réalisateur en ce qui concerne son chef opérateur.

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Chez Le Film Camerounais, nous avons néanmoins noté un aspect que nous jugeons extrêmement positif dans ce premier essai d’Alain Bomo Bomo en tant que metteur en scène : l’envie de bien faire et surtout, la sincérité avec laquelle l’acteur réalisateur désire par-dessus tout nous faire passer un bon moment de Cinéma. Nous saluons avec beaucoup d’enthousiasme son énergie, sa niaque, son soucis pour la formation et transmission de connaissances.

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“Braquage à la Camerounaise” est un film à voir malgré tout, car il a cette capacité de générer en vous des milliards d’idées et surtout, l’envie de vous jeter vous aussi à l’eau si vous hésitiez encore. Alain est tombé cette fois, mais nul doute qu’il se relèvera et nous proposera quelque chose de plus abouti la prochaine fois.

Regardez la Bande Annonce ici.

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REVIEW : “La Patrie d’Abord”, la comédie dramatique masquée en film de guerre

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Le nouveau film de Thierry Ntamack est sorti en salle hier et bien que le public ait répondu massivement présent, après visionnage, on est un peu déçu. Passé le matraquage médiatique qu’il y a eu autour du premier film de guerre, on se rend vite compte qu’il s’agit plus d’une histoire d’amour compliquée qu’un film en réel hommage aux troupes qui se sacrifient dans le Nord du pays.

Il est enfin là, le nouveau bébé que nous préparait le réalisateur Camerounais depuis un an et demi. Le premier film de guerre, comme mentionné par son énorme campagne publicitaire, a été diffusé hier au Palais des Congrès de Yaoundé. Le Film Camerounais était présent pour ne rater aucune seconde du film et partager avec vous nos impressions.

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Premier sentiment : la confusion. En effet, les premières scènes du film vous perdent totalement. D’un côté une scène de mariage et de l’autre une scène de pillage. Difficile de faire le rapprochement quand on ne connait pas encore le rôle des personnages à l’image. Il faut attendre quelques minutes pour comprendre qu’Arthur le marié, incarné par Thierry Ntamack, est le commandant de la force militaire qui sera impliquée dans un conflit contre Gacha le pilleur, un terroriste incarné ici par le rappeur et producteur Tony Nobody.

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Deuxième sentiment : la déception. On est déçu car on comprend au bout de la première demi-heure du film qu’il ne s’agit pas vraiment d’un film de guerre. Le film dure environ deux heures et quinze minutes et pendant plus de la moitié de ce temps, l’histoire tourne autour de la relation entre Arthur le commandant et sa femme Rachel jouée ici par l’actrice Lucie Memba Bos. Le jeune mari ayant trompé sa femme celle-ci demande le divorce, mais sous l’influence de sa mère. Arthur est prêt à tout pour sauver son mariage. Le film de guerre pressenti au début est loin de ce qu’il semblait être, le spectateur se retrouve dans un mélange de comédie, romance et drame.

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Troisième sentiment : l’euphorie. La comédie est un style qui sied bien à Thierry Ntamack et si vous avez encore les larmes aux yeux laissées par certaines scènes du Blanc d’Eyenga 1 et 2, “La Patrie d’Abord” se chargera de vous achever. Plusieurs scènes du film ont suscité un énorme fou rire dans l’assistance. Si bien qu’on oublie très vite qu’il ne s’agit plus du film qui nous est présenté dans la bande annonce. Très vite aussi, on s’habitue à l’ambiance drôle et dramatique du film et la déception ressentie depuis le début finit par s’en aller. On est même un peu surpris quand vers la dernière demi-heure du film, on revoit des scènes de guerre comme celles du début.

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Quatrième sentiment : l’émotion. Le film est en effet riche en émotions. Si la trame et la mise en scène prête fortement à confusion, le jeu des acteurs en tout cas ne laisse pas indifférent. On regrettera une Lucie Memba Bos sans cesse en larmes, dont le personnage n’évolue quasiment pas. Le casting du film fait néanmoins vivre plusieurs émotions aussi fortes les unes que les autres : joie, tristesse, détermination, courage, amour, rire, pleure, force et foi.

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On reprochera peut-être quelques problèmes techniques à ce film et le fait que l’histoire s’attarde trop sur la relation entre Arthur et Rachel, ce qui nous éloigne du film de guerre promis. Mais “La Patrie D’abord” reste un film assez intéressant et qui vaut la peine d’être vu. Peut-être qu’un relooking du titre ne serait pas de trop …

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H.C.T.