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PEOPLE : MARSI ESSOMBA, concepteur de musique de films et musicien éclectique

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Musique traditionnelle, jazz, rock, slam… Marsi Essomba est un musicien éclectique reconnu, qui compte parmi ses nombreux talents créatifs celui de concepteur de musique de films.

Son nom est déjà familier auprès des amoureux de la catégorie dite « musique du monde » pour sa grande maîtrise de styles musicaux aussi éclectiques que variés. De la musique traditionnelle en passant par le jazz, le rock, le hip hop ou le slam, Marsi Essomba est un musicien expérimenté aux tonalités puissantes, influencées par la musique traditionnelle et la culture griotte dans lesquelles il a baigné.

Né en 1980 dans la province du centre du Cameroun, il a travaillé avec des artistes internationaux comme son compatriote Richard Bona et le congolais Lokua Kanza. Il a également fait les premières parties de Tiken Jah fakoly, ainsi que nombreux festivals et marchés de l’art camerounais et internationaux. Il sort son premier album « Le petit Bantu » en 2005, suivi du second « À découvert » en 2011. Le dernier album, intitulé « Bantu Trubatur », est sorti en avril de cette année.

Ce musicien dans l’âme compte aussi parmi ses nombreuses facettes créatives celles de concepteur de musique de films. Génériques de début et de fin, musiques d’habillage, l’artiste a déjà laissé ses traces et empreintes musicales sur plus d’une centaine de productions audio-visuelles. Il en va ainsi du documentaire « Quand l’humanité frappe à nos portes » de Yannick Oho Bambe, qu’il a enrichi de son univers et sa coloration musicale particulière, à la fois mélancolique et apaisante.

Parmi les productions pour lesquelles Marsi Essomba a travaillé , on trouve le premier feuilleton de Blaise Option, « manipulations Fatales », dont il a conçu les génériques de début et de fin, où il confirme une nouvelle fois sa capacité à proposer diverses ambiances musicales, de l’atmosphère dramatique à celle plus détendue.

Une faculté qui semble avoir déjà été remarquée dans le milieu de la pub, puisqu’il conçoit depuis plusieurs années les musiques d’ambiance de spots publicitaires. En 2014, Dream Cosmétique lui a fait confiance pour accompagner musicalement leur pub pour le parfum Miss et VIP sous fond d’un jeu de cache cache amoureux. L’année d’avant, il avait conçu une musique de fond pour le spot de Africa Immobilier.

D’ailleurs, Blaise Option fera de nouveau appel à ses talents pour sa nouvelle série « Le prix du péché ». Marsi Essomba devrait également insérer sa touche musicale dans la série « Yaoundé » de l’Ivoirien Jean-Noël Bah, l’initiateur du concept capitales africaines, bientôt diffusé sur A+. LFC ne cessera de le répéter, production audio-visuelle et musique vont de pair.

* Photo de couverture by Isaac Iboi

M.N.

REVIEW : UN BAISER POUR DEUX, la rencontre entre l’univers de la musique et du cinéma

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Un baiser pour deux c’est la rencontre entre l’univers musical et l’univers cinématographique pour le plaisir des cinéphiles. À l’image de son réalisateur Dante FOX, qui fait des aller-retours entre la musique et maintenant le Cinéma, ce qui définit le film, qui a obtenu l’écran du court-métrage camerounais, c’est sa structure et son rythme qui rappellent indéniablement la nouvelle vague de clips narratifs, à la manière de « Man Down » de Rihanna ou encore « L’ Aveu » de ARIELLE T feat SHAN’L.

Comme dans les deux clips, l’histoire de Paula, Jacobi et Freddie débutent par une fin tragique. Un incipit in media res, brillamment porté par un Axel Abessolo très convaincant, qui donne le ton sur la suite du film, un récit haletant que le court-métrage va progressivement dérouler, jusqu’à l’ultime scène finale, également celle du début, comme un étau qui se resserre aussi bien sur les personnages que le spectateur. « Man Down » et « L’ Aveu » suivent le même scénario. Le clip de Rihanna s’ouvre sur la chanteuse entrain de tuer un homme dans la gare, et celui de ARIELLE T et SHAN’L entrain de creuser une tombe… Que s’est-il passé entre Paula, Jacobi et Freddie pour en arriver là ?

Dès la première scène, Dante Fox montre qu’il excelle dans la maîtrise du suspense et du rythme. Et c’est indiscutablement sur ce point que l’expérience musicale du réalisateur se fait le plus sentir, notamment le choix des musiques de fond pour soutenir l’ambiance de chacune des scènes capitales. Celle détendue de l’aéroport, celle de la scène sensuelle entre Freddie et Sandra, y compris les bruits d’oiseaux lors de leur première rencontre… À chaque fois, les musiques et sons, judicieusement sélectionnés, font plus qu’intégralement partie du film, ils créent le rythme et la dynamique du film.

Mais « Un baiser pour deux » n’est pas un clip, c’est un thriller réussi, du moins au niveau de la réalisation, mais aussi du casting. Sur le plan de la réalisation, on note des rendus visuels de bonne qualité de jour comme de nuit, des cadrages et mouvements de camera d’autant plus intéressants qu’ils sont variés. Côté casting, ouvrir et fermer le film avec Axel Abessolo a probablement été un pari gagnant. Muriel Blanche, Claude Mbouck et Kenji Meah offrent des prestations d’acteurs plus qu’honorables.

Néanmoins, concernant les transitions entre les séquences, le résultat est contrasté. Si certaines sont très bien amenées, comme le passage entre l’aéroport et l’appartement de Jacobi ou encore le flash back sur la rencontre entre Paula et Jacobi, d’autres auraient mérité plus de travail. Il en va ainsi des séquences de la rencontre entre Freddie et Sandra et celle d’après, où ils sont ensemble au lit. S’agit-il d’une ellipse ? Probablement. Mais une séquence intermédiaire de leur relation en accélérée n’aurait-elle pas été justifiée ?

De plus, le scénario, globalement crédible, souffre pourtant de quelques fissures. Ainsi, il parait difficilement concevable qu’après tant d’effort, Paula décide de subitement changer de plan par appât du gain, alors qu’elle avait déjà quasiment atteint son but. Et que dire de l’esthéticienne. Comment expliquer que Paula, qui s’est visiblement largement servie auprès de Freddie et son père drogue son esthéticienne pour lui voler… son portable! Le personnage de Cindy tombe un peu trop à pic…

Mais il ne s’agit là que de défauts mineurs, d’ailleurs largement couverts par la maîtrise de la réalisation dans sa généralité. En revanche, les dialogues, souvent peu naturels, sont plus gênants. La remarque concerne surtout le personnage de Freddie, revenu de France, et qui a un langage tellement fleury, qu’on se demande si on parle encore en France comme au 18ème siècle. Résultat, le personnage, qui se voulait au départ élégant et raffiné, apparait un peu lourd et un tantinet trop séducteur, sans parler de la vision un peu caricaturale des Mbenguistes et de la France qui est véhiculée.

Cependant, « Un baiser pour deux » reste un excellent court-métrage qui fait plus qu’honneur au cinéma camerounais et qui a sans aucun doute mérité l’Écran du court-métrage camerounais. C’est aussi la preuve que la rencontre entre l’univers musical et cinématographique, lorsque les techniques de part et d’autre sont maîtrisées, peut mener à de très belles productions.

M.N