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TO READ : Canal 2 Movies ne fait ni du Cinéma, ni de mal à personne

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Quand vous arrivez devant un bar disons pas trop bruyant pour être un peu utopiste, vous trouvez toutes sortes de table : celle où on ne parle que mini jupe et formes généreuses, celle des futurs dirigeants d’un pays qu’ils ne pourront gouverner que dans leurs têtes et enfin, celle qui nous intéresse ici, des sujets qui fâchent !

À présent que la vie déjà éphémère d’un moustique gênant a été écourtée, l’atmosphère est propice pour vous inviter à cette fameuse table. En passant, on y boit que de l’eau pour éviter tout débordement en cas de désaccord, vous êtes prévenus !

Le bouc émissaire 

Pour commencer, soyons clair : le Cinéma n’est pas la Télévision et la Télévision n’est pas le Cinéma. Ne secouez pas la tête comme si la chose la plus évidente de la planète vient d’être dite, car si tel était le cas, cette chronique n’aurait même pas lieu d’être mais passons.

Canal 2 Movies révolte les Cinéastes d’un côté, divertit un public amoureux des histoires de moeurs bricolées de l’autre mais surtout, sert d’excuse à des agrégés de philosophie en papier mâché qui ne connaissent rien du Cinéma et qui frissonnent de plaisir à s’entendre déblatérer. Donnez-leur le micro et toute leur ignorance se déversera sans trop d’effort devant vous.

Le Cinéma n’est pas la Télévision

Revenons à notre évidence qui vous faisait secouer la tête en signe d’approbation au début. Si l’on vous dit que le Cinéma est un Art, cela vous parait tout de suite vague et à raison.

Prenons un exemple, en espérant qu’il ne soit pas trop réducteur mais suffisamment imagé : vous organisez un dîner avec une dizaine de convives. Il y a ceux pour qui le choix des invités sera totalement anodin. Le menu va être vite pensé, la cuisine rapidement achevée avec pour seul objectif que la nourriture soit bonne et que chacun reparte en vous lançant un “tu es un vrai cordon bleu ma Chérie” qui suffit à faire votre journée. Et vous enchainerez ainsi les dîners pour vous l’entendre répéter encore et encore.

Pour d’autres, le choix des convives est une source d’angoisse. Qui prendre, qui laisser ? Pourquoi inviter Ndomè et pas Onana ? Le menu est écrit, puis réécrit. Une fois satisfait, il faut rééquilibrer les saveurs exactement comme on se l’est imaginé, on s’entoure de personnes qui vont exécuter la recette exactement comme elle a été pensée. La table est dressée avec une harmonie de couleurs, des assiettes d’une forme particulière assortie ou non aux verres et le plan de table est même fait dans votre tête. Les plats n’ont pas pour objectif d’être juste bons ils doivent être exceptionnels ! À chaque bouchée, vos convives doivent voyager, partager votre revisite du met concocté et quand ils s’en iront, il faut absolument qu’ils s’en souviennent des jours durant, racontent à leurs proches et amis. Votre menu doit leur inspirer d’autres idées de plats et même changer leur manière de cuisiner chaque jour.

Tout ceci pour dire à quel point la démarche de l’un et l’autre est différente, la cible également mais surtout, la finalité. Le Cinéma est une expérience durant laquelle un Réalisateur vous propose pendant une heure trente ou plus un échappatoire, qui fera en sorte que vous ayez une vision particulière du monde à la fin du film. Divertir et vous instruire.

La Télévision veut que vous consommiez à profusion et vous tient généralement à l’écart ou à bonne distance pour que vous n’ayez surtout pas envie de zapper. Divertir pour divertir.

Un problème de discours 

La révolte des Cinéastes n’est pas tant dans le choix de ce qui est proposé sur Canal 2 Movies pour tout vous dire, mais dans leur discours : “L’Univers du Cinéma Camerounais”. Non, non et NON. Ce slogan n’a de sens que lorsque la chaine décide de diffuser un “Mâh Saah Sah” de Daniel Kamwa et uniquement des films de cet accabit.

Quand le visage d’un homme qui scande “Il est tant que les professionnels prennent le Cinéma en otage” apparait sur votre écran ses yeux lui sortant presque des orbites, oui ça fait peur et pas qu’aux Cinéastes !

Canal 2 Movies ne fait de mal à personne

Canal 2 Movies se contente de proposer du contenu divertissant à un public réceptif et leurs programmes ne sont pas du Cinéma, mais ils ne font non plus de mal à qui que ce soit.

Après tout devant votre télé, le maitre c’est vous. Si rien ne va plus, zappez ! Ne regardez pas la chaine toute une journée pour ensuite venir vous plaindre.

Quant au public, il regarde suffisamment de bons films en streaming ou piratés pour faire la différence entre des sketches sympathiques ou téléfilms (le mot est grand) et des oeuvres cinématographiques.

Ayons un peu confiance en son discernement.

F.E.

MUST SEE : 5 classiques du Cinéma Camerounais

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“Mâh Saah Sah” de Daniel Kamwa

Nous avons réuni pour vous 5 classiques du Cinéma Camerounais, 5 films incontournables qui ont littéralement façonné l’industrie cinématographique du Cameroun avant l’apparition de la nouvelle génération. Vous en reconnaitrez au moins un …

Peu nombreux sont les personnes, même parmi les Cinéastes, qui connaissent réellement l’histoire du Cinéma Camerounais. C’est pour cette raison que chez Le Film Camerounais, nous vous proposons avant d’entrer dans le vif de notre sujet d’y remédier en lisant cet article paru dans “Cultures & Cinéma“.

A présent, place aux Réalisateurs et à leurs films cultes qui ont marqué toute une génération. Les résumés sont officiels, extraits de l’excellente plateforme Africultures que nous vous recommandons vivement.

1 – “Muna Moto” de Jean-Pierre Dikonguè Pipa (1975)

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Résumé : Ngando et Ndomè s’aiment. Ngando demande Ndomè en mariage mais la famille de Ndomè lui rappelle qu’il doit s’acquitter de la dot. Orphelin, il fait appel à son oncle qui, déjà marié à trois femmes stériles, décide d’épouser la jeune fille qui attend un enfant de Ngando. Désespéré, le jeune homme, le jour de la fête traditionnel du Ngondo enlève sa propre fille.

 

2 – “Sango Malo” de Bassek Ba Kobhio (1991)

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Résumé : Non seulement Malo Malo, jeune instituteur libertaire révolutionne sa classe, mais il regroupe aussi les paysans au sein d’une coopérative. Tout cela n’est pas du goût du chef du village et des notables.

En pleine forêt équatoriale, le village de Lebamzip s’apprête à vivre une rentrée des classes ordinaire. Mais l’arrivée d’un nouveau maître d’école, Bernard Malo Malo, va provoquer des remous. Jeune homme libertaire fraîchement sorti de l’Ecole Normale des Instituteurs de Yaoundé, Malo Malo conçoit l’enseignement comme une ouverture sur le monde.

Avec ses élèves, il passe autant de temps en classe que dans les champs, abordant les sujets les plus tabous, de la politique à la sexualité. Ses méthodes ne plaisent guère au directeur de l’école et rendront inévitable l’affrontement entre les deux hommes.

 

3 – “Quartier Mozart” de Jean-Pierre Bekolo (1992)

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Résumé : Une fillette répondant au nom de Chef de Quartier est, au goût de la sorcière Mam Thecla, un peu trop curieuse pour son âge. Celle-ci, pour la punir, décide de la transformer en jeune homme ; et c’est ainsi que commencent ses mésaventures. “Quartier Mozart” est une chronique urbaine de la vie moderne africaine, un hymne à la vie dans les quartiers d’Afrique.

QUARTIER MOZART (Jean Pierre Bekolo, 1992) from Spectacle Theater on Vimeo.

 

4 – “Paris à tout prix” de Joséphine Ndagnou (2007)

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Résumé : Suzy veut aller en France par tous les moyens. Elle est même prête à se prostituer dans l’espoir de lendemains meilleurs. L’atterrissage dans la capitale française sera rude : elle découvre l’Europe dans toute sa cruauté.

 

5 – “Mâh Saah Sah” de Daniel Kamwa (2008)

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Résumé : L’action se déroule en pays Bamoun, au Cameroun. Ncharé n’a que 16 ans à la mort de son père. Il est recueilli par son oncle Achirou et débarque alors dans un nouveau village où, dès son arrivée, il croise le regard d’une adolescente de 14 ans nommée Mapon. C’est le déclic de l’amour réciproque. Devenu adulte et sculpteur sur bronze, Ncharé veut mériter d’être le fiancé officiel de Mapon, mais une rumeur tenace laisse planer le doute sur sa circoncision. Il doit rivaliser avec les autres prétendants au cours du rituel périodique de la danse de séduction, sous les yeux témoins de tous les villageois et en présence de “Nji-Mâh’Nkam”, le Grand Dignitaire du village.

Peu de temps après la célébration de leurs fiançailles dans le respect des traditions locales, Nchoutpouen la mère de Mapon accouche de son 4ème enfant. Mais voilà que cet enfant tombe très vite malade, entraînant Moumpain le père à accepter le soutien financier d’un généreux homme d’affaires nommé Moluh. Ce dernier ne tarde pas à jeter son dévolu sur Mapon pour en faire sa 4ème épouse, devenant ainsi un inattendu rival pour Ncharé. Mapon se retrouve piégée dans une drôle de situation où son père, non content de renier sa parole donnée à Ncharé, tend désormais à la pousser dans les bras de Moluh qu’elle ne veut même pas rencontrer.

Elle obtient une tenue de palabres chez le Grand Dignitaire Nji-Mâh’Nkam pour tenter de faire entendre raison à son père. Mais dans le même temps le redoutable Moluh, par ailleurs Député du coin, cherche à écarter définitivement Ncharé en intriguant pour le faire emprisonner prétendument pour vol… A moins que ne se produise une surprise de dernière minute !