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INTERVIEW : JEAN MARC ANDA parle de son dernier projet “Profanation”

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Le dernier projet du réalisateur de ” LE PATRIOTE ” et ” NYANGONO “, ” PROFANATION “, est actuellement en cours de production. Jean-Marc Anda a accordé une interview exclusive à LFC où il nous en dit plus sur son film.

Le premier ” long -métrage” de Jean-Marc Anda est en cours de production. Et le réalisateur a choisi le film d’horreur. Il s’exprime sur la raison d’un tel choix, ses difficultés et la manière dont se déroule le tournage. Entretien.

LFC : De quoi parle le film ” Profanation ” ?

Jean-Marc Anda : PROFANATION met en scène une équipe de quatre étudiants de l’institut national du cinéma pris au piège dans un lieu sacré alors qu’ils étaient partis tourner leur film de fin de formation. Le film a une durée d’environ 70 minutes ou moins; j’aime pas les films très longs. PROFANATION met en avant la connaissance et le respect des lieux et objets sacrés.

LFC : Pourquoi avez-vous décidé d’aborder le sujet de la manière choisie?

Jean-Marc Anda : J’ai toujours rêvé de faire des films d’horreurs… Je suis un passionné des Slashers, j’en ai vu une trentaine notamment, les sagas: Vendredi 13, Les griffes de la nuit, Souviens-toi…l’été dernier, destination finale, Détour mortel, Saw, Je crache sur ta tombe, Hostel, Scream, Massacre à la tronçonneuse et bien d’autres. J’ai lu beaucoup d’articles sur les grands maîtres de ce genre cinématographique (Wes craven, Tobie Hooper, John Carpenter…) et j’ai voulu faire quelque chose à leur image mais pas comme eux.

En 2017, j’ai regardé le court métrage SEULE de Grégory BOZEC et Karim Ben-mamoud. Ce film m’a tellement fasciné que j’ai décidé de faire mon premier film d’horreur. J’en ai parlé avec Arnaud TSOWO TEGUIA qui est mon ami et collègue de longue date. On a développé une histoire et il a écrit la première version du script.Certes on voulait faire un film d’horreur mais, on voulait aussi qu’il soit original et différent des slashers Américains. On a donc décidé d’orienter le scénario vers les croyances et traditions Africaines. Moi je travaillais principalement sur les éléments liés au slasher pendant qu’Arnaud était focalisé sur les éléments de la tradition, c’est d’ailleurs lui qui a pensé qu’il était intéressant de mettre en avant les lieux et objets sacrés.

LFC : Comment se déroule le tournage du film?

Jean-Marc Anda : Je dois avouer que c’était le tournage le plus difficile que j’ai jamais fait. On était dans la région de l’Ouest où il fait excessivement froid mais, l’équipe s’est adapté assez facilement. J’ai eu la chance de travailler avec des comédiens et comédiennes pas forcément expérimentés mais très motivés et très talentueux. Désirée KWAKEP, Anne Marie KOM, Arnaud TSOWO TEGUIA, Chicoutimi Hassani Omar,Raymond GUIAKAM ont donné tellement d’énergie devant la caméra pendant que derrière on avait le talentueux Tobie Frank BIDJANGA, le très expériemnté Hervé GUEMETE au son, la talentueuse Rosine NKEM à la décoration, la jeune Jamila QUEEN au maquillage et bien sûre ma chère petite soeur Carine BELA qui m’a créé de magnifiques costumes. Mon assistant réalisateur Pierre INAHest sans doute la personne la plus appréciable de ce plateau. Il y’a eu aussi beaucoup d’assistants et autres techniciens à qui je dis un grand merci, Paul Merlin, Peggy, Ulrich…).

C’est mon premier long métrage. Je tiens à ce qu’il soit remarquable ! Pour cela, j’ai choisi desdécors remarquables. Toutes les séquences du film ont été tournées dans des lieux sacrés à Baham dans la région de l’Ouest Camerounavec plus de 95% de lumière naturelle ce qui a rendu le tournage encore plus compliqué à cause des pluies et le ciel souvent nuageux. Le soleil n’était pas toujours là quand on en avait besoin. Normal, le soleil ne travaille pas pour nous, c’est nous qui nous adaptons à lui !

Deux choses m’ont marqué pendant le tournage: l’accueil et la gentillesse des gardiens des lieux sacrés dans lesquels nous avons tourné, ils ne nous ont posé aucun problème, ils nous ont plutôt encouragé à faire connaître les traditions Africaines à travers nos films. Ensuite, la grand-mère chez qui on logeait nous a dit: ” les garçons, l’argent que ce film va vous rapporter, allez doter vos petites amies et venez me les présenter… Les filles, cherchez à vous marier. Même si c’est avec un pousseur, faites des enfants et venez me les présenter”

LFC : Quelles sont les principales difficultés rencontrées ? Qu’avez-vous le plus apprécié jusque-là?

Jean-Marc Anda : Le budget très réduit du film a été la plus grande difficulté. C’est très difficile de faire un film sans argent. C’est parce que je suis très têtu et beaucoup de personnes m’apprécient que j’ai réussi à faire ce film. J’ai beaucoup apprécié l’amour, la joie et le felling qu’il y’avait entre les membres de l’équipe. Beaucoup ont pleuré quand on se séparait, moi y compris.

LFC : Quelles sont les prochaines étapes?

Jean-Marc Anda : Je ne souhaite plus faire de film sans argent et donc, mon premier objectif pour ce film est de faire un maximum d’audience à la sortie en salles dans toutes les villes majeures et quelques petites villes camerounaises pour engranger des bénéfices.C’est évident que le film sera soumis aux festivals, c’est mon premier long métrage, je souhaite qu’il marche mieux que mes deux courts métrages LE PATRIOTE et NYANGONO. Le trailer sera disponible en décembre et le film sort probablement le 11 Février 2019.

M.N.

INTERVIEW : THIERRY KAMDEM dénonce les violences familiales dans « Elles », son dernier film

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« Elles », le dernier film de Thierry Kamdem produit par la maison de production PSC Prod, où Hortavie Mpondo campe le premier rôle est un film engagé contre les violences conjugales, et les faux semblants sociaux. Le film est prévu pour décembre. Interview exclusive du réalisateur.

Le réalisateur Thierry Kamdem a accordé un entretien exclusif à la rédaction autour de son dernier film « Elles », dans lequel joue Hortavie Mpondo. Il a aussi dévoilé en exclusivité des images inédites, ainsi que la Bande d’annonce du film.

LFC : De quoi parle « Elles » ?

Thierry Kamdem : « Elles » raconte l’histoire d’une famille dont le père, n’ayant pas eu de garçon, torture toute la famille. La maman a déjà accepté ce rythme de vie, la fille aînée se pose des questions, et la plus jeune ne l’accepte pas. SYNOPSIS : Le chef Yaki est un homme imbu de lui-même, violent envers sa famille et très jaloux de ses privilèges et de son rang social. Sa fille aînée Samira, vient lui annoncer qu’elle va épouser un cuisinier.

« Elles » décline les différentes formes de violence auxquelles sont confrontées certaines femmes et enfants au quotidien dans les foyers en Afrique. L’histoire essaie de lever un pan de voile sur le déni qui entoure cette pratique et préserve l’impunité des auteurs de ces violences. La durée du film est de 16 minutes.

LFC : Pourquoi avez-vous décidé d’aborder le sujet?

Thierry Kamdem : Il y a quelques années, dans mon quartier, un homme a passé le visage de son épouse au fer à repasser. Sans l’intervention des voisins, il l’aurait probablement tuée. Mais le plus étrange c’est que, à la police, elle a déclaré être tombée et s’être brulée. À sa sortie d’hôpital, elle est retournée dans son foyer. Interrogée, elle a répondu que c’était pour le bien de leurs enfants qu’elle subissait tout cela.

Cette histoire n’est qu’une parmi tant d’autres en Afrique. Après avoir subi les sévices les plus atroces, les femmes ont des raisons bien affutées pour rester à la merci de leurs bourreaux comme : « Je n’ai personne, ou vais-je aller ? Je reste pour mes enfants, que vont-ils devenir sans moi ? C’est sa manière à lui de me montrer qu’il m’aime, etc ».

Cette réalité est illustrée par l’histoire du Chef Yaki, un homme à deux visages qui dissimule sous une réussite sociale irréprochable et enviée, un père et époux exécrable et misogyne.

Pour se faire respecter et asseoir son autorité, le chef Yaki n’hésite pas à user des violences physique, psychologique, verbale, sexuelle et économique pour soumettre sa femme et ses filles.

LFC : Comment s’est déroulé le tournage du film?

Thierry Kamdem : La maison de production PSC prod, avec à sa tête la directrice Geraldine Ingondo, a tout mis en place pour que le tournage se passe très bien. Il y avait plus de 15 postes visibles, c’était une première à Douala de faire une production avec autant de techniciens tous résidents de la ville, un important matériel et une grande préparation avec des comédiens très professionnels, dont Hortavie Mpondo dans le rôle principal, Justin Feussi dans le rôle du père, Marie Nonga dans celui de la mère et la jeune Naomie Simo. Je tiens à mentionner que je prépare ce projet depuis 2015.

LFC : Quelles sont les prochaines étapes?

Thierry Kamdem : Notre premier but était de montrer que nous pouvions faire de très bons films au Cameroun avec le matériel local. Notre prochaine étape est de soumettre le film à des compétitions.

M.N.