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PEOPLE : Yann Gael ou le savant mélange entre charisme et justesse

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(c) François Lefebvre / FTV

À 31 ans, l’acteur Yann Gael a déjà obtenu quatre fois le prix de la meilleure interprétation masculine auprès de divers festivals français. Cinéma, télévision, théatre, l’artiste natif de Garoua a su se tracer un chemin et réaliser son rêve de devenir acteur.

Comme le téléfilm en 2 épisodes « Le Rêve Français » (2017) de Christian Faure, où il incarne le personnage principal, l’histoire de Yann Gael est celle d’un grand rêve. Natif du 237 land, plus précisément de Garoua, Yann Gael quittera le Cameroun à l’âge de 2 ans pour la Bretagne (France). À l’image du personnage de Samuel, qu’il incarne dans le téléfilm diffusé sur France 2, un guadeloupéen arrivé en Métropole, c’est à la suite de bouleversements sociaux qu’il prend conscience de son rêve de devenir acteur.

 

 

 

 

 

Comme il le raconte au magazine Jeune Afrique, c’est suite aux émeutes des Banlieues en 2007 que l’acteur décide, sur « un coup de tête », de prendre des cours de théâtre. La vocation d’avocat du personnage de Samuel lui apparaîtra à la suite de soulèvements sociaux qui le mèneront en prison. Le personnage et son interprète feront tous les deux face à la déception et au désenchantement. La prison et le racisme pour le premier, l’indifférence et l’absence d’auditions pour le second. « À (Cours) Florent, j’étais isolé, j’ai passé énormément de temps en dehors du plateau à regarder les autres. C’était comme s’il n’y avait pas de place pour moi. Les acteurs travaillaient entre eux, mais moi, je ne leur renvoyais rien : ça a été extrêmement violent. »

 

 

 

Pourtant Yann Gael saura se tracer un chemin. En 2012, encore élève au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il décroche le premier rôle dans la pièce de théâtre « Chocolat, clown nègre » de Marcel Bozonnet, qui sera adapté au cinéma par Samia Chala et Thierry Leclère.

 

 

Un peu à l’image de Samuel dans la deuxième partie de « Le Rêve Français », il enchaînera les succès, notamment avec « Le Retour»  de Yohann Kouam (2013) un court-métrage pour lequel il obtiendra deux fois le prix de la meilleure interprétation masculine au festival de Hyères Les Palmiers et Cinébanlieue. Quatre ans plus tard, il recevra le prix France Télévisions de l’interprétation masculine du Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand pour « Et toujours nous marcherons » de Jonathan Millet. 

 

 

 

 

Entre-temps, il aura tourné avec des acteurs de renom comme Gérad Darmon dans la série policière « Duel au Soleil » (2016), où il campe le sexy capitaine Sébastien Le Tallec, originaire de… Bretagne. La même année, l’acteur, de plus en plus reconnu à l’international, a tourné dans le téléfilm italien « Il coraggio di vincere » de Marco Pontecorvo. 

 

Yann Gael a reçu un quatrième prix de l’interprétation masculine au Festival de la fiction TV de La Rochelle 2017 pour sa performance dans « Le Rêve Français », une belle et symbolique récompense pour le natif de Garoua qui a un jour rêvé de devenir acteur. Mais contrairement au téléfilm, l’histoire de Yann Gael n’est pas terminé. Un projet de film réalisé par Peter Kassovitz serait en cours, et il joue actuellement dans une nouvelle série, tournée à Dakar. Avec ce retour sur le continent africain, Yann Gael confirme sa stature d’acteur international, y compris dans son continent de naissance.  Yann-Gaël est donc parvenu à réaliser son rêve d’acteur jusqu’en Afrique, et ce, grâce à un savant mélange de charisme et de justesse. Chapeau l’artiste!

M.N.

Lire l’article de Jeune Afrique consacré à Yann Gael.

*Photo de couverture by FTV

PEOPLE : Merveille et Grâce Essomè, complémentaires et distinctes

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Deux graines d’artistes. Révélées dans « G &M » de Rostand Wandja, Merveille et Grâce Essomé sont deux jeunes artistes pleins de talents qui avancent de pair, tout en affirmant des personnalités bien distinctes.

Un duo dans la vie comme à l’écran. C’est ensemble que les soeurs Merveille et Grâce Essomè tournent devant la caméra. Une première fois sous la direction de Rostand Wandja, qui a révélé les talents des deux jeunes filles dans « G &M » (2015), et plus récemment sous la responsabilité de Nabe-Daone, dans le court-métrage « So be it » (2016).

Dans l’un comme dans l’autre film, Merveille et Grâce Essomè y apparaissent complémentaires. Dans « G &M » , c’est grâce à leur intelligence mutuelle qu’elles parviennent, unies, à outrepasser la réticence de leur mère et réaliser leur envie de faire du théâtre. Tandis que dans  « So be it », bien qu’elles campent deux facettes opposées du personnage principal Adelore, celle du oui et non, du bien et du mal, elles n’en demeurent pas moins éminemment complémentaires. 

Pourtant Merveille et Grâce Essomè sont deux artistes bien distinctes. Dans « G & M », Merveille Essomè interprète de manière plutôt convaincante le rôle de la rebelle, presque têtue, tandis qu’elle jouera le côté plus moral du personnage principal de « So be it ». À l’inverse, Grâce, tout aussi rebelle, mais moins encline à désobéir dans « G & M », représentera le côté plus sombre et matérialiste d’Adelore.

Deux artistes, deux soeurs complémentaires certes, mais aussi bien distinctes dans leurs rôles d’actrices. À suivre…

M.N.