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INTERVIEW : la Clé-Télécommande by Wouri TV expliquée par Patrick Kengne Kamga

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Trois ans après le lancement  de son entreprise WOURI TV, spécialisé dans la production, communication, diffusion et la distribution des films camerounais, Patrick Kengne innove avec un produit qui rend plus accessible les services de sa chaine. Il s’agit d’une clé+télécommande. Pour de plus amples explications sur son nouveau produit, Patrick a accordé un entretien à LFC.

Depuis la naissance de WOURI TV, le 7ème art camerounais retrouve progressivement  sa  visibilité. Malgré l’absence d’une vraie politique sur la promotion de la culture, Patrick Kengne continue à se battre pour révolutionner le domaine de l’audiovisuel au Cameroun.

Le Film Camerounais : Parlez-nous de votre clé+télécommande. De quoi s’agit-il concrètement ?

Patrick Kengne Kamga : Il s’agit d’une clé + Télécommande permettant de visionner les productions et coproductions de WOURI ENTERTAINMENT, ou des productions de producteurs qui nous confient régulièrement leurs contenus pour diffusion en VOD* sur notre site web. La clé se connecte à une connexion internet (par exemple à domicile), et grâce à l’application WOURI TV à l’intérieur, on accède à un portail de films et séries.

 LFC : de quel constat êtes-vous parti pour la créer ?

P.K.K. : Selon nos statistiques, surtout auprès de la diaspora, de plus en plus de personnes se connectent sur notre site web depuis leur poste de télévision. Ils font pas mal de pirouettes pour y arriver. Certains prennent leurs PC et raccordent à la TV grâce à un Câble HDMI … D’autres qui ont une Smart TV lancent un navigateur (comme Google Chrome), et vont sur www.wouri.tv. Mais dans tous les cas, ces modes détournés de connexion n’offrent pas une ergonomie excellente, mais c’est faute de mieux que les internautes le font. D’autre part, de nombreux internautes aiment profiter de nos programmes en famille, au salon. Vous vous doutez bien que sur un téléphone ou un PC, c’est l’horreur dans ces conditions !

LFC : qu’apporte t-elle de nouveau dans la vie de  l’entreprise Wouri tv,  et de celle des citoyens qui aimeraient s’en procurer ?

 P.K.K. : Justement l’ergonomie et plus encore la beauté d’avoir une télécommande en main et de “ZAPPER” comme on dit souvent d’un film à un autre, d’un épisode de série à un autre. On espère convaincre certaines chaines de TV locale de s’intégrer au système à terme. Mais pour le moment c’est 100% Cinéma Camerounais, puis Africain prochainement.

LFC : comment  s’en procurer ?

P.K.K. : « A l’heure où je vous réponds, c’est à dire le 30/04/2019, je pense qu’avec un peu de chance, dans une dizaine de jours, nous aurons bouclé la mise à disposition des 250 premières clés. A ce moment là, on réservera la moitié pour les camerounais vivants au Cameroun et l’autre moitié pour la diaspora. Les commandes pourront se faire sur le site shop.wouri.tv que nous allons rapidement mettre en place pour la circonstance. »

LFC : quelles sont les prochains objectifs de Wouri tv ?

P.K.K. : « A très court terme, nous allons “enfin” nous occuper des pays émergeants. Le constat à ce niveau est simple : ces pays n’ont pas forcément de bonnes connexions internet pour profiter de nos services. Les internautes de ces pays n’ont pas non plus la plupart du temps des moyens de paiement comme CB* ou PAYPAL. Ces deux problématiques vont donc être réglées avec la mise à disposition de ce qu’on va appeler WOURI TV Lite. Cela va se faire en 2 temps : pilote d’abord au Cameroun avec WOURI TV Lite 237, puis déploiement généralisé en Afrique en supprimant le 237, comme vous pouvez le constater sur les logos ci-dessous. Bien entendu, nous allons continuer à conquérir la diaspora avec le travail que nous avons déjà commencé à faire. Le but ultime étant d’arriver à produire un film et à le rentabiliser RIEN qu’avec la VOD, exactement comme le géant américain NETFLIX. C’est de notre point de vue VITAL surtout dans un pays comme le Cameroun où aucune chaine de TV ne s’intéresse réellement au Cinéma Camerounais (pour celles qui font semblant de s’y intéresser, c’est à coup de lance pierre qu’elles achètent les contenus des producteurs). J’en profite pour louer les efforts de plateformes comme la vôtre qui malgré les difficultés, continuent à lutter pour que les citoyens camerounais reprennent goût au Cinéma local ».

LFC : Monsieur Kengne, merci !

P.K.K. : c’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par N.J.S.

* VOD = Video On Demand 

* CB = Carte Bancaire

Suivre Wouri TV 237.

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À L’AFFICHE : Première réussie pour l’« Opération 1 film africain tous les mois » de WOURI TV

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Ils ont bravé le froid de ce 1er février 2019 pour assister à la première représentation de l’ « opération 1 film africain tous les mois » de WOURI TV. Devant le Cinéma Le Brady, ils étaient près d’une quatre-vingtaine dès 19h, sous une fine goutte de pluie, impatients de pouvoir rentrer dans la salle. Certainement, pour la majorité venue sans parapluie, afin de se mettre à l’abri, mais aussi et surtout, pour voir le film et avoir la satisfaction de se dire : « J’ai assisté à la première projection en salle de films africains organisée par WOURI TV ». 

Pourtant les responsables de la plateforme semblaient vouloir faire durer le plaisir. Alignés en rang devant le modeste Cinéma, au point de bloquer l’entrée de l’épicerie adjacente, manifestement peu habitués à voir une aussi grande file, les spectateurs rongeaient amicalement leur frein en se frottant les mains dans l’espoir de se réchauffer. Pas longtemps heureusement, puisque une demie heure environ plus tard, l’entrée dans la salle commençait. Pour cela, il fallait descendre le tapis rouge, qui recouvrait les marches des escaliers menant vers la salle souterraine. L’occasion, pour le photographe dépêché spécialement pour l’événement de voler une photo individuelle, en mode « Cérémonie des Oscars ». 

Le temps pour tout le monde de s’installer, et « Si c’était à refaire », le premier long-métrage choisi par WOURI TV pour cette première « opération 1 film africain tous les mois » a été lancé sans crier gare, ni l’ombre d’un procès ou intermède. Et il faut bien admettre que trouver une place, ou revenir à sa place après être allé acheter des popcorns dans une salle comble n’est pas de tout repos. C’est néanmoins la preuve quelque peu douloureuse pour certains spectateurs, du succès de l’évènement.

Opération réussie donc pour WOURI TV, mais aussi, dans l’ensemble, pour le film. Entre gloussements, murmures, rires et parfois carrément des commentaires à voix haute, le public s’est montré au moins réceptif, si ce n’est totalement conquis par le film de Noëlle Kenmoe et Elvis Bopda. Une rencontre heureuse avec le public que confirment les commentaires on set à l’issue de l’évènement. Et effectivement, Noëlle Kenmoe et Elvis Bopda s’en sortent  finalement assez honorablement. « Et si c’était à refaire » est un long-métrage qui se regarde, souvent avec un certain plaisir, quelques fois, avec quelques grincements de dents. 

Le film se voulait une comédie dramatique, le pari est dans l’ensemble plutôt rempli. Il y’a dans «  Et si c’était à refaire », un arrière goût de « Desperate Housewives », façon long-métrage et surtout, à la sauce camerounaise. Adaptation de la série américaine certes, mais revisitée localement, et plutôt convenablement. On reconnait les personnages de la femme au foyer superficielle (Sandrine Ziba dans le rôle de Corinne), l’ambitieuse (Dolly Tsague dans le rôle de Solange), la dévouée (Sandrine Bamen dans le rôle de Chloé) et la parfaite ménagère /épouse (la réalisatrice Noëlle Kenmoe dans le rôle de Candide). 

On y entend en voix off l’un des personnages décédés nous dérouler l’histoire et bien entendu, on se marre des situations cocasses et tressaillit de certains retournements de situation. En sommes, dans l’ensemble, on s’amuse, portés par des acteurs qui s’en sortent dignement, et un scénario qui tient la route. Une mention spéciale pour Sandrine Bamen et Brice Thomas Dippah, parfait dans son rôle d’alcoolique fini, qui se démarquent.

Néanmoins, « Et si c’était à refaire » comporte quelques ratés dans les transitions entre les scènes, ainsi que quelques raccourcis scénaristiques, scéniques et artistiques. De fait parmi d’autres, les nombreux plans sur l’imposant derrière de Corinne ont largement fait réagir, et Solange a arboré durant tout le film la même boucle d’oreille. Mais qu’importe, le film permet de passer un bon moment et de se dire : le Cinéma Camerounais s’écrit à nouveau lentement, mais sûrement.

 

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N.M