FESTIVALS : Les rendez-vous à ne pas manquer au Cameroun

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Palmarès Festival Ecrans Noirs 2018

Il existe une dizaine de festivals cinématographiques dédiés au Cinéma au 237 Land, chacun suivant une spécificité et une périodicité particulière. Tour d’horizon non exhaustif des Festivals au Cameroun que se doit de connaitre tout LFCinéphile qui se respecte.

Les Festivals cinématographiques, évènements généralement récurrents aux cours desquels sont projetés des films au cinéma ou en plein air, il en existe quelques uns au Cameroun, des rendez-vous du 7ème Art à ne pas manquer. Le plus ancien actuellement actif est le Festival Écrans Noirs, créé en 1997 par Bassek Ba Kobhio. 

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Mixte, il met en compétition des fictions courtes et longues, des documentaires et des séries réalisés par des Africains et la diaspora africaine, dans l’objectif de promouvoir cette production au Cameroun mais surtout celle de toute l’Afrique. Depuis 2017, le Festival Écrans Noirs organise le Marché International du Film de l’Afrique Centrale. Les Écrans Noirs ont lieu tous les ans en mi-juillet. 

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Deuxième Festival suivant l’ancienneté, les Rencontres Internationales de Films Courts (RIFIC), créé par Frank Olivier Ndéma, existent depuis 2004. Surnommé « Yaoundé Tout Court », le RIFIC est, comme son nom l’indique, un évènement consacré au court-métrage en Afrique Centrale. Une de ses spécificités est qu’il propose des ateliers de formation. Évènement annuel, les RIFIC se déroulent généralement fin octobre, début novembre.

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Créés respectivement par Arice Siapi et Michel Kuaté, le Festival International du Film Mixte (FIFMI) et le Festival International du Court-métrage de Douala (FICOD) ont tous les deux vu le jour en 2009. Le FIFMI, établi à Ngaoundéré, est un Festival dont les films, souvent projetés dans des lieux publics, sont non soumis à compétition, et qui propose aussi des ateliers de formation aux festivaliers. Les dates du Festival varient suivant l’édition. 

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Anciennement dénommé la Nuit du Court-métrage, le Festival International du Court-métrage de Douala met en compétition des réalisateurs essentiellement camerounais, mais aussi étrangers. D’une périodicité annuelle, mais en perte de vitesse ces dernières années, il se déroule généralement en mai ou en juin. 

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Également en 2009, s’est tenue la 1ère édition des Rencontres Audiovisuelles de Douala (RADO), anciennement Festival Africain de Télévision (FESTEL), dont le promoteur est Rémi Atangana. D’une périodicité annuelle, la rencontre est destinée à mieux développer les activités du Marché des Programmes de Télévision (MAPTEL). Annuelles, ces rencontres ont souvent lieu en avril, mais pas toujours.

Mis-Me-Binga-festivals-lefilmcamerounais

En 2010, est créé MIS ME BINGA à l’initiative de Evodie Ngueyeli. Le Festival, mixte, est l’un des plus importants de films de femmes en Afrique Centrale, dont l’objectif est de promouvoir le Cinéma fait par les femmes et les problèmes qu’elles rencontrent. Compétitif, il a lieu tous les ans fin juin-début juillet. 

En 2013, Achille Brice met en place l’Art City Short Film Festival (ACSFF), qui a lieu tous les ans début octobre. La même année, Césaire MOUTE monte le First Short, ou Festival Panafricain de Films Ecole de Yaoundé, pour promouvoir les films d’écoles et les écoles de Cinéma et Audiovisuelles du Cameroun en particulier, d’Afrique en général. Le Festival se déroule tous les ans à la quinzaine du mois d’avril. 

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2013 est aussi l’année de création du Festival International du Cinéma Indépendant de Bafoussam (FICIB), fondé par Alvine Kouambo. Le Festival mixte (long-métrages, court-métrages, documentaires et animations), met en compétition des professionnels et amateurs. Il a lieu tous les ans entre Mars et Avril. 

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Cette même année 2013 est créé le Festival International des Images Comiques (FESTICO) par Ferdinand Sylvère Engo. Ce Festival du film d’humour et de comédie de Yaoundé accueille tout genre d’œuvres comiques (reportage, documentaire, fiction, émission tv, clip/vidéogramme, spectacle, les dessins animés, les films d’animation…). Il est généralement organisé entre avril et mai de chaque année. 

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L’année 2014 est également une année riche pour le Cinéma Camerounais. C’est l’année de création du Festival KOMANE à l’initiative de Martial Kouamo. Festival de courts-métrages, il se déroule tous les ans début février à Dschang, conformément à son objectif qui est de développer la ville de Dschang et ses environs.

YAHRA-festivals-lefilmcamerounais

C’est également en 2014 que Sylvie Nwet et Patricia Moune fondent YARHA, également dénommé la Semaine Internationale du 1er film. L’objectif du Festival est d’offrir un espace de diffusion et de promotion aux jeunes réalisateurs de toute l’Afrique. Il a lieu tous les ans en novembre. 

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Le Cameroon International Film Festival (CAMIFF) est l’un des derniers nés en matière de Festival cinématographique au 237Land. Fondé en 2016 par Agbor Gilbert Ebot, le CAMIFF est un Festival mixte. Compétitif, il propose aussi des ateliers de formation. Annuel, la période festivalière est généralement en avril.

M.N.

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REVIEW : HANDS, un court 100% féminin et résolument novateur

Un film novateur et moderne. « HANDS » (2017), de Léa Malle Frank Thierry est un court-métrage définitivement contemporain, autant dans sa manière d’aborder l’immigration camerounaise, que dans la mise en scène, intelligente et plutôt audacieuse.

Que ce soit l’usage de la voix off, ce procédé narratif qui fait intervenir un personnage hors-champ, le choix de plans excentrés sur plusieurs parties du corps, ou encore la mise en scène de la globalisation de l’information et des échanges, « HANDS » surprend par son originalité. Tandis qu’au cinéma, la voix off remplit généralement la fonction de narration du récit ou une voix intérieure, dans le court-métrage de Léa Malle Frank Thierry, il en est tout autre.

La voix est celle de la mère de Mboe, le personnage principal immigré en Allemagne, qui relate en fond, les difficultés de membres de la famille restés au pays. Une approche très novatrice et intelligente, qui permet d’appréhender simultanément deux réalités entremêlées, celle des immigrés en Allemagne et celle de la famille demeurée au pays, et mesurer les implications et impacts respectivement sur chacune des réalités. Une démarche d’autant plus judicieuse que le film aborde la problématique contemporaine de la comparaison entre la vie en Afrique et en Occident et le désir de retour d’une partie de la diaspora.

L’autre originalité de « HANDS » réside dans les choix des plans. Gros plans et plans logiquement centrés sur les mains de Mboe, d’où est tiré le titre du court-métrage, mais aussi plans excentrés sur le bas du corps du personnage ou son dos de profil. Si bien que par moment, le spectateur a parfois l’impression de manquer de largeur et de hauteur, de rester enfermé dans l’univers et le décors de la vie incomplète de Mboe. Un être dont même assis sur un banc public, on ne saisit pas son entièreté physique, des pieds à la tête, ni même sociale, puisque le visage de la seule amie à qui Mboe ose confier quelques timides interrogations nous est caché.

Léa Malle Frank Thierry a privilégié des cadrages parcellaires dans un monde 100% féminin. Volonté consciente du réalisateur de « POINT DE VUE », un court sur la défense des droits de la femme, ou erreur d’appréciation d’un univers infirmier certes majoritairement féminin, mais où exercent aussi des hommes? Parce que des erreurs, il y en a quelques uns, deux plus exactement. Il est peu concevable qu’en Allemagne, un supérieur s’en prenne physiquement à son subalterne pour lui demander de faire quelque chose sans crainte de conséquence. De même, un hôpital ne prendra jamais la responsabilité de laisser une simple infirmière, surtout immigrée, d’opérer un malade, même si cette infirmière a un diplôme de chirurgien, mais non reconnu.

En dépit de tout, « HANDS » est un beau court-métrage, subtil et audacieux. Il n’est pas évident de mettre en scène en 10 minutes la globalisation de l’information, et celle des échanges, de montrer de manière succincte et efficace l’inter-communication et les incompréhensions entre les immigrés africains et les locaux restés aux pays. Et Léa Malle Frank Thierry s’en sort une nouvelle fois plutôt bien, avec des effets d’SMS assez corrects et des effets de revue de presse un peu moins réussis. En résumé, « HANDS » est un court intelligent, audacieux et contemporain, jusque dans ses techniques cinématographiques, plus riches et variées que dans ses précédents court-métrages.

M.N.