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MUST READ : Les relations hommes femmes au Cinéma

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En matière de relation de couple, le cinéma camerounais propose une vision déséquilibrée, où l’homme apparait tout puissant face à une femme reléguée à la seconde place. Une image dont certains films tentent de se départir, mais encore largement dominante.

Au 237 Land, le Cinéma projette encore une image peu équilibrée des relations hommes femmes, à l’image aussi d’une certaine réalité sociale. Et c’est « Beyond the reality » de Serge Fonda qui en est à la fois la plus criante manifestation, mais aussi sa plus implacable auto-critique. Si le réalisateur décrit le fossé existant entre les aspirations de couple de la femme camerounaise et la réalité amère conjugale, il le fait en mettant au centre la femme. 

Paradoxe de ce cinéma camerounais donc qui, comme la société, propose à voir, et mettre en avant les épouses / copines, mais généralement dans des situations de fragilité et de détresse comme dans le film «  ALMA » de Christa Eka Assam, ou « La fin d’un supplice » de Ferdinand Singho. Y compris lorsque le personnage de la femme sort du rôle de celle qui subit pour celle qui agit, comme le pendant maléfique de Mireille (Lynn Penpen) dans « La fin d’un supplice », ou Celena dans « Bad Game », les motivations relèvent encore souvent de la détresse psychologique ou l’instrumentalisation du compagnon.

Pourtant, il existe des films qui proposent aussi des relations hommes femmes plus équilibrées. Ainsi, «  Bonne Nouvelle » de Gérard Désiré Nguélé évoque la courte histoire d’amour entre Victor et Rose, bien qu’une nouvelle fois, le personnage féminin est en situation de fragilité, puisque séropositive. Une des caractéristiques du film, que l’on retrouve dans « La première fois »  du même réalisateur est la communication entre les personnages masculins et féminins qui instaure une réciprocité. Avec une petite limite néanmoins dans ce dernier film. Affirmer que quand une femme « pense non, elle dit quand même oui » est un point de vue très masculin.

Équilibre ne signifie pas nécessairement harmonie. Dans le « cri de coeur », Pierre Loti  Simo décrit une relation hommes femmes plutôt équilibrée entre MONNJI et ses épouses, en désaccord sur l’idée de repasser les seins de la petite dernière. Le court-métrage se différencie également en adoptant les deux points de vue, masculin et féminin. Autres films où les rôles féminins sont à la hauteur de ceux masculins, et où l’on sort des schémas un peu caricaturés des relations hommes / femmes : « A man for the week-end » d’Achille Brice, ou « Little Cindy » de Billybob Ndive Lifongo, deux films à découvrir dans le cadre du Festival Ecrans Noirs du 13 au 20 juillet dans la ville de Yaoundé.

Autant il est indispensable de dénoncer à l’écran les difficultés et vicissitudes des relations hommes femmes au 237 Land, autant le Cinéma camerounais se doit aussi de montrer au public que d’autres rapports plus équilibrés existent et sont possibles. RDV le 13 juillet aux Festival Écrans Noirs pour savoir dans quelle catégorie « Married Single » de L.T. Njeck se situe. 

M.N.

Les opinions exprimées dans cet article sont uniquement celles de l’auteur et n’engagent pas Le Film Camerounais. D’autre part, il s’agit d’un point de vue qui ne repose pas sur l’ensemble des films camerounais ayant traité de la question. 

À L’AFFICHE : « Le serpent de Bronze », le dernier film de Thierry Ntamack

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© Picture from Thierry Ntamack Facebook account

Deux ans après « La Patrie d’abord », l’acteur et réalisateur Thierry Ntamack signe son grand retour avec le long métrage « Le serpent de Bronze », qui retrace le parcours du Dr Ben Faycal, médecin engagé et mort subitement en 2014 à Garoua, victime de la morsure d’un cobra.

L’acteur et réalisateur Thierry Ntamack est de retour avec “Le serpent de Bronze” un film inspiré de la vraie vie du docteur Ben Faycal, médecin dans un hôpital reculé de Garoua. Pour rendre hommage à ce médecin qui a fait primer la santé de ses patients sur toute autre considération , le réalisateur de « La Patrie d’abord » (2016) et « Le Blanc d’Eyenga 1» (2012) et « Le Blanc d’Eyenga 2 » (2014) a opté pour un casting de marque dont Gohou Michel, ainsi que Souke et Siriki des Bobodiouf.

Né en 1986 à Makabaye dans l’extrême Nord, le Dr Ben Faycal sera nommé en 2002, après son doctorat, en tant que Directeur de l’Hôpital du District de Poli dans la région du Nord. Très investi dans son travail, le Dr Faycal va alors entamer une transformation profonde de cet hôpital désuet et moribond pour en faire un véritable lieu de soins pour ses patients. Mais le 4 novembre 2014, victime de la morsure d’un cobra dont aucun hôpital des alentours ne possède l’antidote, il rendra l’âme.

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Le dernier film de Thierry Ntamack, qui joue le rôle principal du Dr Faycal est un éloge à ce médecin héroïque. C’est aussi son premier long-métrage à teneur historique, après « La Patrie d’abord », son premier essai de film de guerre.

M.N.