Tag Archives: Lea Malle Frank Thierry

PEOPLE : QUATRE ACTEURS ET ACTRICES À DÉCOUVRIR !

Les introducing sont de retour. Venez à la découverte de quatre autres acteurs et actrices prometteurs, soigneusement sélectionnés par votre média préféré Ciné 237Land.

Lucie Nang. C’est dans « Hands », le court-métrage multi-nominé de Léa Malle Frank Thierry que tout le potentiel de Lucie Nang se révèle à la Team LFC. Son interprétation de Mboe, une chirurgienne émigrée en Allemagne où elle est reléguée au poste d’infirmière, laisse pressentir un talent qui n’en est qu’à ses débuts. Parvenir à transmettre des émotions, tout en adoptant une posture constamment pudique n’est pas chose évidente. Lucie Nang y est pourtant parvenue dans « Hands ». LFC est impatient de voir tout ce talent à sa pleine maturité!

Baudouin Bidas. Il a récemment fait une entrée fracassante sur LFC. La rédaction a classé l’acteur de « L’apât » dans le top 7 des acteurs les plus sexy du Mboa*. Baudoin Bidias n’a pourtant pas que sa belle gueule et son physique avantageux à faire valoir. C’est aussi un acteur qui a fait ses preuves en 2017 dans le court-métrage « L’apât » de Emmanuel Moute. À suivre donc de très près !

Françoise À Kané. Elle porte la double casquette de chanteuse et actrice. L’interprète de Kepèn Kedjan, une chanson aux puissantes tonalités pop alternatif / africain, campe le personnage principal du film « Orly » (2017) de Francis TENE K. Elle y joue le rôle d’une prostituée, aux côtés de Axel Abessolo, son partenaire dans le film, façon Pretty Woman. En sommes, Françoise À Kané a du potentiel en tant qu’actrice. LFC souhaiterait évidemment en savoir et voir plus !

Lynno Lovert. C’est une des révélations de « Little Cindy » (2018), le film de BillyBob Ndive Lifongo que l’on ne présente plus. Et ce n’est pas peu de le dire, puisque dans le film, Lynno Lovert partage la vedette avec des acteurs tels que Libota McDonald, Syndy Emade, Nchifor Valery, et nous en passons. Autant dire que Lynno Lovert est un nom à retenir, déjà inscrit au tableau des grands !

Quatre autres acteurs et actrices à découvrir dans un prochain article, très chers LFCinéphiles.

M.N

REVIEW : HANDS, un court 100% féminin et résolument novateur

Un film novateur et moderne. « HANDS » (2017), de Léa Malle Frank Thierry est un court-métrage définitivement contemporain, autant dans sa manière d’aborder l’immigration camerounaise, que dans la mise en scène, intelligente et plutôt audacieuse.

Que ce soit l’usage de la voix off, ce procédé narratif qui fait intervenir un personnage hors-champ, le choix de plans excentrés sur plusieurs parties du corps, ou encore la mise en scène de la globalisation de l’information et des échanges, « HANDS » surprend par son originalité. Tandis qu’au cinéma, la voix off remplit généralement la fonction de narration du récit ou une voix intérieure, dans le court-métrage de Léa Malle Frank Thierry, il en est tout autre.

La voix est celle de la mère de Mboe, le personnage principal immigré en Allemagne, qui relate en fond, les difficultés de membres de la famille restés au pays. Une approche très novatrice et intelligente, qui permet d’appréhender simultanément deux réalités entremêlées, celle des immigrés en Allemagne et celle de la famille demeurée au pays, et mesurer les implications et impacts respectivement sur chacune des réalités. Une démarche d’autant plus judicieuse que le film aborde la problématique contemporaine de la comparaison entre la vie en Afrique et en Occident et le désir de retour d’une partie de la diaspora.

L’autre originalité de « HANDS » réside dans les choix des plans. Gros plans et plans logiquement centrés sur les mains de Mboe, d’où est tiré le titre du court-métrage, mais aussi plans excentrés sur le bas du corps du personnage ou son dos de profil. Si bien que par moment, le spectateur a parfois l’impression de manquer de largeur et de hauteur, de rester enfermé dans l’univers et le décors de la vie incomplète de Mboe. Un être dont même assis sur un banc public, on ne saisit pas son entièreté physique, des pieds à la tête, ni même sociale, puisque le visage de la seule amie à qui Mboe ose confier quelques timides interrogations nous est caché.

Léa Malle Frank Thierry a privilégié des cadrages parcellaires dans un monde 100% féminin. Volonté consciente du réalisateur de « POINT DE VUE », un court sur la défense des droits de la femme, ou erreur d’appréciation d’un univers infirmier certes majoritairement féminin, mais où exercent aussi des hommes? Parce que des erreurs, il y en a quelques uns, deux plus exactement. Il est peu concevable qu’en Allemagne, un supérieur s’en prenne physiquement à son subalterne pour lui demander de faire quelque chose sans crainte de conséquence. De même, un hôpital ne prendra jamais la responsabilité de laisser une simple infirmière, surtout immigrée, d’opérer un malade, même si cette infirmière a un diplôme de chirurgien, mais non reconnu.

En dépit de tout, « HANDS » est un beau court-métrage, subtil et audacieux. Il n’est pas évident de mettre en scène en 10 minutes la globalisation de l’information, et celle des échanges, de montrer de manière succincte et efficace l’inter-communication et les incompréhensions entre les immigrés africains et les locaux restés aux pays. Et Léa Malle Frank Thierry s’en sort une nouvelle fois plutôt bien, avec des effets d’SMS assez corrects et des effets de revue de presse un peu moins réussis. En résumé, « HANDS » est un court intelligent, audacieux et contemporain, jusque dans ses techniques cinématographiques, plus riches et variées que dans ses précédents court-métrages.

M.N.