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FESTIVAL : “W.A.K.A”, l’incroyable tournée allemande du film

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Trois ans après sa première diffusion en ouverture du Festival Écrans Noirs à Yaoundé, “W.A.K.A” de Françoise Ellong est toujours aussi sollicité dans les festivals du monde entier ! La Réalisatrice est en ce moment en Allemagne, où le film sillonne 8 villes allemandes.

C’est le Festival “FilmInitiav Köln” qui a relancé il y a quelques jours la grande aventure “W.A.K.A”. Dans un focus “Sisters in African Cinema” rassemblant plusieurs réalisatrices du continent, le film a été réclamé par huit villes allemandes qui souhaitent le faire découvrir à son public.

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Cologne a donné le coup d’envoi des projections, réunissant un grand nombre de spectateurs qui ont apprécié le film et ont activement participé au jeu des Questions-Réponses.

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Après trois jours passés dans cette première ville, Berlin a proposé trois autres projections en l’absence de la Réalisatrice qui a dû se rendre à Nuremberg, à Freiburg et continuera sa route à Münster et Wuppertal avant que le film ne soit une fois de plus montré sans elle à Hambourg et Oldenburg.

Des salles quasi systématiquement pleines découvrent “W.A.K.A” dont le tournage a eu lieu entièrement dans la ville de Douala de mi novembre à fin décembre 2012. Françoise Ellong partage toujours son étonnement de voir la popularité grandissante du film à mesure que les années passent.

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Le Festival “Afrika Film Festival” initié par FilmInitiativ Köln existe depuis bientôt vingt-cing ans et propose des films de divers horizons du continent, avec toujours le même objectif : des films forts et de qualité.

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Le Festival, c’est aussi des rencontres incroyables et des retrouvailles pour Françoise notamment avec le célébre acteur allemand Jo Weil, que la Réalisatrice a dirigé en 2011 à Londres dans son court-métrage “At Close Range” tourné en 35 mm !

Ainsi, Françoise a fait la connaissance des réalisateurs Nasib Farah (“Warriors from the North”), Teddy Goitom (“Afripedia”), Mohammed Ben Atia (“Hedi”) et des réalisatrices Monique Mbeka Phoba (“Soeur Oyo”), Leyla Bouzid (“À peine j’ouvre les yeux”) et de femmes incroyables activistes, chercheuses et engagées telles que Judy Nini Kibinge ou encore Beti Ellerson.

TO READ : Ces femmes qui giflent des hommes dans les films Camerounais

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“W.A.K.A” de Françoise Ellong

Il faut le dire : les claques des femmes aux hommes se répandent à la même allure que les baisers dans les films Camerounais ! Un, deux, bam ! La gifle est partie sans bizarrement ne jamais revenir. Beaucoup diront que cela relève uniquement de la fiction, mais allons plus loin et employons plutôt le mot fantasme pour être plus exact. Ceci est une chronique, rien de plus …

La culture de la claque ne me parait pas locale à moi. Enfin, je veux dire : les bagarres oui, la bastonnade oui, mais alors les claques … Les deux premières sont déjà très présentes à la télévision camerounaise et sont finalement peu utilisées dans les films. La gifle dans le Cinéma local serait-elle la version élitiste de la bagarre et de la bastonnade des téléfilms made in Canal 2 Movies ?

L’autorisation fictive

Vous auriez tort de penser que les films où ce sont des femmes qui envoient des aller-retours aux hommes sont réalisés par elles-mêmes ; bien au contraire ! La théorie du féminisme brûle déjà plusieurs de vos lèvres, mais passez-y de la pommade, car vous n’y êtes pas du tout.

Donner autant de force (faiblesse ?!) aux femmes dans la fiction plutôt que dans la réalité est à mon sens un message aussi clair que de l’eau de roche, si vous voulez tout savoir. Okay, allez-y criez au féminisme si ça vous chante ! Non pas qu’elles rêvent forcément de vous en mettre une Messieurs, mais de temps en temps, la même envie qui vous pousse à aplatir sa joue s’empare également d’elles. Mais voilà le mâle, c’est définitivement vous et il n’y a que lorsque c’est totalement fake que vous lui donnez l’illusion que ça peut effleurer son esprit.

L’expression par la violence

Réfléchissons un peu au moment où surgirait ladite claque. En général, elle tombe sur la tête des hommes lorsqu’ils osent demander pardon pour le mal qu’ils ont fait ou pire, quand ils vont jusqu’à murmurer un “je t’aime ma chérie” en vous regardant avec des yeux de merlan frits.

Avez-vous vu le tableau ? Il s’excuse, vous le frappez. Il vous aime, vous le giflez. Mais que voulez-vous à la fin ?! L’autre cas où la claque réapparait, c’est exactement au moment où elles peuvent enfin s’exprimer et dire ce qu’elles ont sur le cœur. La violence devient alors le seul langage qui leur est attribué. Irai-je trop loin en disant que les claques des hommes dans les films sont davantage justifiées que celles des femmes ? Probablement, mais c’est ma chronique et je dis ce qui me plait !

Le fantasme qui le restera

Redescendons d’un cran. La prétendue féministe qui sommeillait en moi a foutu le camp et vient de laisser place (espérez-le), à la Cinéaste. Ma théorie définitive sur les claques dans les films Camerounais, est qu’elles appartiennent au domaine du fantasme, au domaine de la fiction, au domaine du Cinéma et ce n’est pas plus mal ! Ce serait grave si ça faisait rêver les femmes et le serait encore plus si ce n’était réservé qu’aux hommes dans nos films.

Pour avoir fait un film dans lequel une femme gifle un homme, la question de la nécessité ou seulement la présence de cette action me taraude. Je vous rassure cependant : c’est un homme qui a écrit “W.A.K.A”.

F.E.