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MUST READ : Les sociétés de production, ces maisons d’infortune

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Crédit photo : Kismet Productions (google images)

Les sociétés de production au Cameroun s’apparentent le plus souvent à des maisons d’infortune que de réels mastodontes de l’industrie audiovisuelle. État des lieux d’un maillon malade de l’industrie cinématographique camerounaise.

Le cinéma, ce sont les acteurs, les réalisateurs, les scénaristes, les photographes plateau … mais aussi les maisons de production. Et au Cameroun, force est de constater que la concurrence ne manque pas. Actuellement, on en dénombre quasiment une centaine, au nombre desquels EPSUM SEVEN HILLS MEDIA, KAB FILM INTERNATIONAL, LES COOPERANTS FILMS, NS PICTURES, STUDIO EPERVIER IMAGE, VINANY Productions, NABE-DAONE ENTERPRISES, TROPIC FILMS et le nouveau venu MUNA MUTO FILMS ( tous les trois co-producteurs de ASHIA).

Nombre de ces sociétés de production comme ILLUSIONS PROD (co-producteur du court-métrage WALLS de Narcisse Wandji) sont des maisons orientées vers le cinéma documentaire, souvent en collaboration avec des organismes et des chaînes de télévision étrangères. ILLUSIONS PROD est notamment la maison de production de l’émission “Cameroun Vision” et a co-produit le long-métrage “La maladie du sommeil”.

NABE-DAONE ENTERPRISES a été prolifique dès sa naissance et compte à ce jour plusieurs courts-métrages parmi lesquels “Chuit”, “So Be It”, “The Digger” ou encore “Hum” ; des films qui pour la plupart ont été en compétition officielle au Festival Ecrans Noirs et ce plusieurs années consécutives. Son long-métrage “Passion” était au FESPACO 2015 en hors-compétition, et la société fait également partie des co-producteurs de ASHIA.

La maison de production EPSUM SEVEN HILLS MEDIA, fondée par Ebah Hélène produit aussi des films documentaires, mais également des courtes et longues fictions, avec une attention particulière portée à la condition des femmes. Elle a à son actif les films “Ruban Noir” et “Les blessures inguérissables”. On compte parmi les documentaires produits “Victimes” et plus récemment “Mbière, Sa majesté”, souvent avec le soutien d’organismes étrangers.

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KAB FILM INTERNATIONAL, la sulfureuse et productive maison de production de Alphonse BENI a à son actif les films  “Les Mecs les flics, les p…”, “Danse mon amour” ou “Saint voyou”, et autres productions érotiques, de polar et d’actions. Le producteur qui a été surnommé tour à tour “Black Love” et “Black Ninja” d’après le nom de deux de ses films les plus célèbres, reste une légende. Lire sa fascinante bibliographie ici.

LES COOPERANTS FILMS, du défunt Arthur SIBITA est notamment connu pour son long métrage “Les coopérants” sorti en 1983 et devenu un classique du cinéma camerounais. ” No time to say GoodBye”, “La Saga des Lions indomptables”, ou encore “Voyeurs professionnels” comptent ansi parmi la filmographie de la société de production. Après le décès du fondateur, les Coopérants films ont produits “Black Jesus”.

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Dans la filmographie de la société NS PICTURES, fondée par des jeunes dynamiques dont fait partie Eugène Sotti, il y’a “Vitrine”, “Colette”, ou encore “Une photo au Parc”. Mais la maison est aujourd’hui davantage renommée pour la réalisation de clips au Cameroun, dont ceux de Charlotte Dipanda, CMinaire, Locko, Michael Kiessou, Numerica, Prosby, X Maleya.

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La quasi-totalité des films  du STUDIO EPERVIER IMAGE de BATONG Blaise sont des drames amoureux et/ou familiaux, comme ” La passion”, “L’ignorance fatale”, “Le prix de le délinquance”, “Convoitise”, ou encore “Ma nourrice”.

Elle a produit des films de réalisateurs comme Pierre Loti SIMO, et des acteurs comme Axel Abessolo, ont tourné dans ses studios. La société TROPIC FILMS de Gérard Désiré NGUELE est derrière de nombreuses productions de qualité comme “ASHIA”, co-produit avec MUNA MUTO FILMS en association NABE-DAONE ENTERPRISES, mais aussi “La Première fois“, “Bonne nouvelle“, “Noce de coton” et “cri de coeur”.

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VINANY Productions, fondée par Elisabeth KOUNOU/ Serge Alain NOA est la maison de production de “Harraga, brûleurs de frontières”, soutenu par l’organisation internationale de la francophonie , et qui met en scène Axel Abessolo et Alain Bomo Bomo. En plus de ce film sur l’immigration, la société a aussi produit “Don involontaire”, une autre fiction dénonçant la corruption. VINANY Productions ne produit cependant pas que des films aux thématiques graves, puisqu’elle est aussi derrière “Evou” et “Cercle vicieux”.

La quantité et la qualité des oeuvres de ces maisons de production sont extrêmement variables. La faute aux problèmes de financement, de soutien public, et / ou de savoir-faire? Dans le secteur spécifique du divertissement, le problème est tel que beaucoup de producteurs et réalisateurs camerounais talentueux, faute d’alternatives, font appel à des sociétés étrangères, ou s’en remettent simplement à eux-mêmes.

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En dépit de ces difficultés, il peut y avoir du bon, comme dans toute chose. Le devenu culte « Quartier Mozart » de Jean-Pierre Bekolo a été produit par la société de production Kola Case Production dont le fondateur n’est autre que… le réalisateur lui-même. Mais une industrie cinématographique en essor ne peut compter sur quelques talentueux chanceux. Elle a besoin, pour se développer et s’enraciner, de maisons de productions solides. Malgré tout, LFC a confiance en l’avenir du Cinéma camerounais et de ses structures de production, de plus en plus organisées. 

M.N.

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À L’AFFICHE : Les camerounaises vues par le Cinéma

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De la femme traditionnelle à la femme forte, en passant par celles soumises ou angoissée. Les femmes camerounaises sont décrites au cinéma sous multiples aspects. Les diverses représentations qui en sont faites au grand écran montrent la multitude et la complexité de leurs conditions de vie, autant que leur paradoxe. Petit florilège.

Le sujet est inépuisable. La femme reste un des thèmes classiques du cinéma et de l’art en général. En l’inscrivant dans le contexte particulier camerounais, les cinéastes du 237 land y dressent un portait contrasté des conditions de vie, des difficultés, des forces, des contrastes et attentes des femmes camerounaises.  

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Image from the film “A man for the Wee-end”

La traditionnelle. Dans le « cri de coeur »(2009), Pierre Loti Simo dresse le portrait de la femme traditionnelle camerounaise dans un foyer polygame. La femme traditionnelle y est décrite à la fois attachée et fidèle aux coutumes, ce qui ne l’empêche nécessairement pas d’être réceptive et ouverte aux préoccupations et enjeux de la nouvelle génération.  

La femme soumise. Dans son court-métrage « Beyond the reality » Serge Fonda nous plonge dans les paradoxes de la femme moderne. Le réalisateur décrit le fossé qui existe entre les fantasmes de couple de la femme camerounaise, qui rêve d’une relation inversée entre un mari hyper-dominant et une femme soumise à ses ordres. 

La femme qui redonne espoir. Dans le court-métrage « Life Point », Achille Brice nous parle de ces jeunes femmes porteuses de vie.  Le film raconte l’histoire d’un professeur d’université à la retraite de 75 ans et obsédé par le suicide qui reprend goût suite à sa  rencontre avec une jeune réfugiée de la République Centrafricaine. 

La prête-à-tout par amour. Dans son long métrage « W.A.KA » (2014), Françoise Ellong met en scène une mère célibataire prête à tout, y compris vendre son corps, pour subvenir aux besoins de son fils. Mathilde est le symbole de ces mères courages, faisant face à une vie qui ne leur a pas toujours sourit. 

La femme forte. Dans « A man for the weekend », Syndy Emade campe le rôle d’une femme d’affaire accomplie mais qui rencontre des difficultés dans sa vie amoureuse. Tandis que dans « Little Cindy » (2018), il y est question d’une femme à priori forte, mais complètement angoissée à l’idée de ne pas pouvoir avoir d’enfants. Des problématiques qui parlent à de plus en plus de camerounaises. 

Les conditions des femmes camerounaises sont de mieux en mieux représentées dans toutes leurs complexités. Ce que LFC ne peut que saluer. 

M.N.