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REVIEW : HANDS, un court 100% féminin et résolument novateur

Un film novateur et moderne. « HANDS » (2017), de Léa Malle Frank Thierry est un court-métrage définitivement contemporain, autant dans sa manière d’aborder l’immigration camerounaise, que dans la mise en scène, intelligente et plutôt audacieuse.

Que ce soit l’usage de la voix off, ce procédé narratif qui fait intervenir un personnage hors-champ, le choix de plans excentrés sur plusieurs parties du corps, ou encore la mise en scène de la globalisation de l’information et des échanges, « HANDS » surprend par son originalité. Tandis qu’au cinéma, la voix off remplit généralement la fonction de narration du récit ou une voix intérieure, dans le court-métrage de Léa Malle Frank Thierry, il en est tout autre.

La voix est celle de la mère de Mboe, le personnage principal immigré en Allemagne, qui relate en fond, les difficultés de membres de la famille restés au pays. Une approche très novatrice et intelligente, qui permet d’appréhender simultanément deux réalités entremêlées, celle des immigrés en Allemagne et celle de la famille demeurée au pays, et mesurer les implications et impacts respectivement sur chacune des réalités. Une démarche d’autant plus judicieuse que le film aborde la problématique contemporaine de la comparaison entre la vie en Afrique et en Occident et le désir de retour d’une partie de la diaspora.

L’autre originalité de « HANDS » réside dans les choix des plans. Gros plans et plans logiquement centrés sur les mains de Mboe, d’où est tiré le titre du court-métrage, mais aussi plans excentrés sur le bas du corps du personnage ou son dos de profil. Si bien que par moment, le spectateur a parfois l’impression de manquer de largeur et de hauteur, de rester enfermé dans l’univers et le décors de la vie incomplète de Mboe. Un être dont même assis sur un banc public, on ne saisit pas son entièreté physique, des pieds à la tête, ni même sociale, puisque le visage de la seule amie à qui Mboe ose confier quelques timides interrogations nous est caché.

Léa Malle Frank Thierry a privilégié des cadrages parcellaires dans un monde 100% féminin. Volonté consciente du réalisateur de « POINT DE VUE », un court sur la défense des droits de la femme, ou erreur d’appréciation d’un univers infirmier certes majoritairement féminin, mais où exercent aussi des hommes? Parce que des erreurs, il y en a quelques uns, deux plus exactement. Il est peu concevable qu’en Allemagne, un supérieur s’en prenne physiquement à son subalterne pour lui demander de faire quelque chose sans crainte de conséquence. De même, un hôpital ne prendra jamais la responsabilité de laisser une simple infirmière, surtout immigrée, d’opérer un malade, même si cette infirmière a un diplôme de chirurgien, mais non reconnu.

En dépit de tout, « HANDS » est un beau court-métrage, subtil et audacieux. Il n’est pas évident de mettre en scène en 10 minutes la globalisation de l’information, et celle des échanges, de montrer de manière succincte et efficace l’inter-communication et les incompréhensions entre les immigrés africains et les locaux restés aux pays. Et Léa Malle Frank Thierry s’en sort une nouvelle fois plutôt bien, avec des effets d’SMS assez corrects et des effets de revue de presse un peu moins réussis. En résumé, « HANDS » est un court intelligent, audacieux et contemporain, jusque dans ses techniques cinématographiques, plus riches et variées que dans ses précédents court-métrages.

M.N.

 

PEOPLE : Quatre acteurs et actrices à découvrir !

Daniel Nsang, Passy Ngah, Philippe Lontsi et Nsang Dilong sont quatre acteurs et actrices dans le vent qui ont tapé dans l’oeil de LFC. Introducing de ces jeunes pousses du septième art, à découvrir d’urgence.

Daniel Nsang. C’est la révélation de « Fantasma » (2018), la co-production de Wouri TV et Black Films signée Stéphane Jung, où il joue le personnage de Ben, tour à tour mari aimant, accusé, homme déboussolé et en colère. Aux côtés de la talentueuse Cynthia Elizabeth Ngono, sacrée deux fois meilleure actrice camerounaise aux Écrans Noirs, Daniel Nsang, sexy, séduisant et convaincant, offre une performance qui n’a pas échappé à LFC. Un acteur à suivre!

Passy Ngah, l’actrice qui a du caractère ! C’est aux Écrans Noirs 2018 que la jeune mannequin professionnelle a affiché un style qui n’est pas passé inaperçu pour LFC. Sa robe lors de la cérémonie d’ouverture, à la fois sexy, rock et assumée, en dit long sur la personnalité de la jeune actrice. Un style qu’elle va confirmer quelques jours plus tard dans une photo très pop/rock alternatif de groupe. Comme le dit le dicton, « l’habit ne fait pas le moine… mais on reconnait le moine par son habit ». Passy Ngah a joué dans « Braquage à la Camerounaise » de Alain Bomo Bomo et dans des séries télés. LFC est curieux de savoir la suite.

Philippe Lontsi. C’est dans « Mes vampires » (2016) de Léa Malle Frank Thierry que LFC découvre véritablement Philippe Lontsi, l’acteur aux yeux de braise. Alors aux côtés de Mbesso Fabiola, il y campe le rôle de l’irrésistible nouveau venu du village, beau, jeune et innocent. Une casquette de gentle(young)man qu’il renouvelle dans « J’AIME » de Ngringeh Laurita & Simo Kaping. Philippe Lontsi marchera-t-il sur les pas de notre Alain Bomo Bomo national ? LFC garde un oeil sur lui.

Nsang Dilong, une actrice et plus encore. Dans « The audition», un court-métrage où elle interprète le rôle de Paulina, une jeune femme prête à tout pour gagner un casting, Nsang Dilong n’est pas qu’une simple bonne comédienne. En plus d’une belle performance d’actrice, elle a co-scénarisé cette production signée Dilong Entertaintment Production. La cinéaste a déjà joué dans le film « Expression » (2017) de Musing Derick, le réalisateur de «Tenacity », aux côtés de Nchifor Valery, Alenne Menget, Solange Yijika, et Ngong Tatiana. LFC a hâte de connaître ses prochains projets.

Découvrez dans un prochain article, quatre autres acteurs et actrices à suivre de près, très chers LFCinéphiles.

M.N.